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Juste Lipse

nom francisé de Joost Lips, en lat. Justus Lipsius

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Humaniste flamand (Overijse, Brabant, 1547 – Louvain 1606).

Né dans une famille aisée et lettrée, il reçoit une éducation soignée à Ath, à Cologne (chez les Jésuites), et enfin à l'université de Louvain où, délaissant le droit, il se passionne pour l'Antiquité romaine. Bientôt secrétaire du cardinal de Granvelle à Rome (1568-1570), il s'y lie avec Muret, qui influence profondément ses méthodes de travail et lui rend accessible un grand nombre de manuscrits ; mais la publication de son édition de Tacite (1574) entraînera une brouille avec cette grande figure de l'humanisme post-tridentin. Converti au protestantisme, Lipse enseigne l'histoire et l'éloquence à Iéna (1572-1574), puis l'histoire et le droit à Leyde (1578-1591).

Ce long séjour à Leyde marque un changement dans ses centres d'intérêt. Jusque-là surtout reconnu pour ses solides recueils philologiques (Variae lectiones, 1569, Antiquae lectiones, 1575 , Epistolicae quaestiones, 1577), et ses éditions des historiens romains, Lipse va se faire antiquaire et publier une série de traités très techniques consacrés aux gladiateurs (1582) ou aux amphithéâtres (1584), en attendant le très controversé de Cruce (1593). Par la publication progressive de sa correspondance (à partir de 1586), il prétend également s'arroger l'aura du sage, conseiller de l'Europe érudite, mais aussi celle du philosophe stoïcien : avec le dialogue de Constantia en 1584, puis après son retour au catholicisme et à l'université de Louvain (1592), son Manuel de philosophie stoïcienne (1604) et sa grande édition des Œuvres de Sénèque (1605), il s'illustre comme le fondateur du néostoïcisme chrétien. Mais Lipse n'est pas qu'un érudit : séduit par les écrivains de l'Empire romain (Tacite, Sénèque, etc.), il se fit le champion du style « laconique ». Il a créé un type d'humaniste mélancolique, à la fois savant et artiste, apte à l'imitatio adulta, qui, aux côtés du théologien et du prédicateur, joue un rôle décisif dans la Contre-Réforme.