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Li Bai ou Li Bo

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète chinois (Turkestan 701 – Jiangsu 762).

Surnommé le « génie de la poésie », il est avec Du Fu (712-770) le plus grand poète de la Chine classique. Fils de marchand, il se passionne dès sa jeunesse pour la poésie, les arts martiaux et la vie taoïste, refusant de passer les examens. À 27 ans, il part pour le Hubei, où il se marie et se fixe plus ou moins. En 742, le maître taoïste Wu Yun le présente à la Cour. Pendant deux ans, il est choyé par la haute société de Chang'an. Mais, déçu de n'avoir reçu aucune fonction à la hauteur de ses ambitions, il reprend sa liberté. En 744, il quitte la capitale, riche et célèbre. Il mène dès lors une vie sans attaches, au gré de sa fantaisie, de ses amis et de ses protecteurs. En 756, pendant la rébellion d'An Lushan, il est compromis. Jugé coupable et condamné à l'exil, il est gracié en 759. Trois ans plus tard, il se noie en voulant, dit-on, attraper par une nuit d'ivresse le reflet de la lune sur une rivière. La poésie et la personnalité de Li Bo ont fasciné dès son vivant. « Immortel en exil », il semble vivre au-dessus du commun des hommes, hors des contraintes de la société. Son tempérament passionné, ses ambitions immenses, son romantisme turbulent, son goût de l'indépendance sont tempérés par la retenue de cet âge classique, de sorte que son art atteint un équilibre unique. Ses œuvres, rassemblées après sa mort par un parent, comptent 60 textes en prose et 1 024 poèmes. La plupart d'entre eux, dont les deux tiers ont été datés, sont nés au gré des événements de sa vie privée et sont adressés à des contemporains : lettres, remerciements, adieux, banquets. Il dépasse cependant le cadre artificiel de la poésie mondaine et y dévoile tout son être : ses ambitions déçues, sa passion des voyages, de la nature grandiose, son goût pour l'ivresse, sa quête taoïste de l'immortalité. Même ses poèmes historiques ont un élan impétueux et une saveur unique. Li Bai pratique toutes les formes poétiques courantes sous les Tang, avec une certaine prédilection pour la liberté du style ancien et le quatrain régulier de 7 pieds, qu'il composait avec une aisance désarmante. La langue de Li Bai, relativement facile (simplicité du vocabulaire, souplesse syntaxique, hardiesse des images, sincérité du ton), explique en partie son immense succès.