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Matthew Gregory, dit Monk Lewis

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain anglais (Londres 1775 – en mer, au retour des Antilles, 1818).

Après ses études, il voyage en Allemagne (où il lit Goethe et Tieck), devient attaché d'ambassade et publie un roman, Ambrosio ou le Moine (1796), qui lui donnera un prénom. Le personnage d'Ambrosio, sorte de figure faustienne, vouée à la damnation, forme le pivot d'une intrigue rassemblant tous les ingrédients du « roman noir » qui naît à ce moment (notamment avec A. Radcliffe) : couvent, château et souterrains, jeunes filles amoureuses et persécutées, violence et séquestration, apparition du Diable, érotisme et atmosphère hallucinée (remarquée plus tard par Antonin Artaud), fondant la typologie de l'imaginaire « gothique ». Montrant des situations extrêmes (viol, incestes) et des personnages sulfureux (religieux assouvissant des passions charnelles), présentant la Bible comme un monument d'immoralité, l'œuvre fit scandale tout en suscitant de nombreuses imitations. On peut ensuite citer Alonzo the Brave and the Fair Imogine, a ballad (1797) et d'autres récits de terreur (The Bravo of Venice, 1804), des drames et des tragédies (The Castle Spectre, 1797 ; Alfonso, King of Castile, 1801) qui confirment cette veine créatrice. Dans un tout autre esprit, le Journal d'un propriétaire des Indes occidentales (1833) témoigne de l'attention portée par Lewis, riche planteur libéral, au sort des esclaves de la Jamaïque.