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Jean Lemaire de Belges

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète et chroniqueur hennuyer de langue française (Belges, auj. Bavay, 1473 – apr. 1515).

Neveu de Jean Molinet, c'est à la mort du duc Pierre de Bourbon, son protecteur, qu'il compose, en 1503, le Temple d'Honneur et de Vertu, poème allégorique où sont figurées, sous la forme de six statues, les vertus cardinales du duc. En 1503, il dédie à la mémoire de Louis de Luxembourg une déploration allégorisante, la Plainte du désiré. En 1505, pour commémorer la mort de l'époux de la duchesse de Savoie, il compose la Couronne margaritique, poème mettant en scène dix nymphes désignant les dix qualités éminentes de la princesse. La même année, il succède à son oncle Jean Molinet comme historiographe de Philippe le Beau et dédie à sa souveraine les Épîtres de l'amant vert, poème galant ayant pour prétexte la mort du perroquet de la duchesse, que le poète transforme en amant succombant au chagrin. En 1507, la mort de Philippe le Beau fournit l'occasion d'une nouvelle complainte : les Regrets de sa Dame infortunée sur le trépas de son cher frère unique. Puis des troubles survenus dans la ville de Namur inspirent à Jean Lemaire un poème à sujet politique, les Chansons de Namur ; le sujet de la Légende des Vénitiens (1509) est également politique. La même année paraît le premier livre des Illustrations de Gaule et singularités de Troie, récit légendaire des pseudo-origines communes des Troyens et des Celtes, de la fondation d'un royaume celte par Francus, fils d'Hector, et des faits et gestes de ses descendants, dont Ronsard devait s'inspirer largement dans la Franciade. En 1511, nouveau pamphlet politique : le Traité de la différence des schismes, dirigé contre le pape Jules II. Devenu historiographe de la reine Anne de Bretagne, Jean Lemaire décrit en 1513, dans la Concorde des deux langages, le temple de Vénus en vers italiens, puis en prose et en vers français le temple de Minerve, espérant voir ainsi s'opérer la « concorde » des deux langues. La dernière œuvre du poète, publiée en 1525, après sa mort, les Contes d'Atropos et de Cupidon, marque un retour au genre idyllique.

« Rhétoriqueur » tant par les genres qu'il pratique que par ses procédés d'écriture, Jean Lemaire est aussi un préhumaniste. Les Illustrations, notamment, s'inspirent des Italiens et des Anciens, et puisent largement aux sources de la mythologie antique.