En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Roger Laporte

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Lyon 1925 – Montpellier 2001).

Philosophe (il fut directeur de programme au Collège international de philosophie), il a construit une oeuvre littéraire exigeante et méconnue, placée sous le signe de la « biographie » redéfinie comme inversion du rapport entre la vie et l'écriture : « Alors que la vie ordinaire précède le récit que l'on peut en faire, j'ai parié qu'une certaine vie n'est ni antérieure, ni extérieure à écrire (...) on ne saurait faire le récit d'une histoire qui n'a pas encore eu lieu, d'une vie inouïe à laquelle seul écrire permettrait d'accéder. » Écrire est à la fois l'expérience radicale et l'interrogation (éclairée par Kafka, Hölderlin, Mallarmé et Blanchot) de cette « vie inouïe ». Une vie (1986) rassemble ainsi plusieurs textes parus séparément depuis 1963, dont la Veille (1963), Une voix de fin silence (1966), Fugue (1970), Fugue 3 (1976), et, témoins d'une lutte contre l'épuisement, dans le dénuement extrême : Suite (1979) et Moriendo (1983). Abstraite, tournant le dos au décor quotidien autant qu'à la psychologie, mystique dans son inspiration, l'œuvre est tournée vers l'essentiel (la vérité, la vie, Dieu) et hantée par l'hypothèse terrifiante de son absence. L'ensemble de ses Carnets, rédigés de 1948 à 1971 et non destinés à la publication à l'origine, paraissent en 1979. Laporte laisse en outre plusieurs essais consacrés à ses auteurs ou artistes de prédilection, dont Écrire la musique (1986), À l'extrême pointe : Bataille et Blanchot, 1994 ; la Loi de l'alternance, 1997.