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Théodore Hersart de La Villemarqué

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Quimperlé 1815 – Nizon 1895).

Sorti de l'École des chartes, il collecta un grand nombre de chants populaires bretons et en publia, en 1838, un choix restauré et commenté par lui, le Barzaz Breiz, qui connut un immense succès dans l'Europe entière. On découvrait avec surprise que chez un petit peuple parlant une langue méconnue, les humbles pouvaient posséder un patrimoine poétique : George Sand écrivit, dans ses Promenades autour d'un village, que la Bretagne était à la hauteur, dans sa poésie, de ce que le génie des nations les plus poétiques avait jamais produit. La Villemarqué fut cependant accusé d'avoir composé lui-même, sinon entièrement, du moins en partie, les chants qu'il donnait comme d'authentiques chants populaires. D'autres collecteurs bretons de l'époque, qui faisaient autorité, Guillaume Le Jean, François Luzel (en 1850), attestèrent leur authenticité, ayant eux-mêmes entendu des versions de ces chants, mais, à partir de 1867, Luzel renia son propre témoignage et prit la tête d'un mouvement critique dont l'objet était de présenter le Barzaz Breiz comme une supercherie littéraire. La querelle entre partisans et adversaires de l'authenticité s'est prolongée jusqu'à nos jours, où un chercheur du C. N. R. S., Donatien Laurent, découvrit les carnets autographes de collecte de La Villemarqué. L'étude de ces carnets a montré que, si aucun chant n'a été inventé par le collecteur, ils n'ont cependant pas tous été retranscrits tels qu'ils avaient été recueillis : selon l'usage du temps La Villemarqué avait redressé ce qui lui paraissait des altérations. Ces restaurations n'ont, d'ailleurs, pas toujours été très heureuses. Mais la preuve est faite que les plus beaux chants, qui étaient les plus controversés, sont justement ceux qu'il n'a pas remaniés. Présentant les chants collectés par ordre d'ancienneté pour en faire une sorte de fresque historique de la Bretagne, le Barzaz Breiz a été à l'origine du puissant réveil littéraire celtisant du xixe s. La Villemarqué reçut l'investiture bardique au pays de Galles en 1838 et devint membre de l'Institut en 1858. On lui doit encore une Grammaire bretonne (1847), des Poèmes des bardes bretons du vie siècle (1850) et des Poèmes bretons du Moyen Âge (1863).