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Milan Kundera

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain tchèque naturalisé français (Brno 1929).

Fils d'un pianiste célèbre, il reçoit une éducation cosmopolite. Il publie en 1957 ses premiers recueils de poèmes, l'Homme, vaste jardin et Monologues. Après une étude sur Apollinaire (1958), un essai consacré à Vladislav Vancura (1960) et une pièce de théâtre (les Propriétaires des clefs, 1962), il publie la Plaisanterie (1967), puis Risibles Amours (1970, recueil de nouvelles) qui stigmatisent la déliquescence du socialisme et de la société tchèques avec une ironie mordante proche de Rabelais et de Cervantès. Porte-parole de l'intelligentsia tchèque au moment du « printemps de Prague », il est exclu du parti communiste après l'intervention soviétique. Traduits en français avant d'être publiés en tchèque, la Vie est ailleurs (1973), la Valse des adieux (1976), le Livre du rire et de l'oubli (1979) témoignent de la même verve satirique et l'imposent comme l'une des consciences les plus lucides de la littérature contemporaine.

Exilé en France en 1975, professeur à l'université de Rennes, puis à l'École des hautes études en sciences sociales, il obtient la nationalité française en 1981. L'Insoutenable légèreté de l'être (1984), écrit en tchèque, élargit sa notoriété. Le cadre reste celui de la Tchécoslovaquie communiste, mais le roman s'engage dans la voie de la réflexion philosophique : tandis que Kundera y analyse le kitsch comme la forme artistique du totalitarisme, la perte des repères et l'incertitude généralisée deviennent les thèmes centraux. Suivront trois essais, l'Art du roman (1986), l'Immortalité (1990), les Testaments trahis (1993), et deux romans, la Lenteur (1995), l'Identité (1997), écrits directement en français (parallèlement, Kundera engage un travail de correction des traductions françaises des romans écrits en tchèque). Il y affirme son intérêt pour la langue et les idéaux du xviiie s. français (intérêt qu'on retrouve dans sa pièce Jacques et son maître : hommage à Denis Diderot en 3 actes, 1981), et éclaire sa propre pratique littéraire : refus du roman psychologique mais exploration de la vie humaine, saisie de « codes existentiels », importance du modèle musical. S'il reste en dehors de toute école, Kundera se reconnaît toutefois une « parenté esthétique souterraine » avec Carlos Fuentes, Salman Rushdie ou Philippe Sollers.