En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Mikhaïl Alekseïevitch Kouzmine

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain russe (Iaroslavl 1875 – Leningrad 1936).

Compositeur de formation, c'est par des Chansons d'Alexandrie (1906) qu'il fait son entrée en poésie. Ce recueil, qui témoigne de sa fascination pour le monde méditerranéen de l'Antiquité tardive, reçoit un excellent accueil et son auteur se met à fréquenter les cercles symbolistes et philosophico-religieux de la capitale. Kouzmine devient vraiment célèbre avec le recueil Réseaux (1908) ; les acméistes se reconnaissent dans son écriture limpide, son épicurianisme inquiet et dans son article au titre emblématique, De la belle clarté (1910). Il chante les « riens charmants et aériens » d'un monde illusoire et fugace (Lacs d'automne, 1912 ; Pigeons d'argile, 1914) et pratique une poétique de plus en plus conventionnelle et « distanciée » (Soirs d'ailleurs, 1921 ; Paraboles, 1923 ; La truite brise la glace, 1929). Ce goût de la stylisation se retrouve dans sa prose. Son premier roman, les Ailes (1906), attire l'attention parce qu'il aborde ouvertement, pour la première fois dans la littérature russe, le thème de l'homosexualité. Ses récits brefs (récemment redécouverts), qu'il s'inspire de Boccace, du xviiie s. français, de Dostoïevski ou de Leskov sont originaux par leur procédé, entre imitation et parodie. Progressivement écarté de la publication après la révolution, dans laquelle il ne voit que violence, Kouzmine survit grâce à des traductions et meurt dans une extrême pauvreté.