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Kenya

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

La forme la plus ancienne de la littérature swahili est la poésie de la région côtière du Kenya et de la Tanzanie, connue sous le nom de tendi (ou ses variantes utendi, tenzi, utenzi). Ce sont des quatrains réguliers dont les trois premiers vers riment ensemble et le quatrième maintient une rime constante à travers tout le poème, quel qu'en soit le genre, homélies religieuses, poèmes didactiques, éloges héroïques. Cependant, on les identifie d'abord aux amples épopées du même nom qui retracent l'histoire des Swahilis ou la geste du Prophète, et qui se sont conservées, depuis des temps anciens, grâce à des manuscrits où le swahili (langue bantoue) est transcrit en alphabet arabe. La figure la plus populaire des lettres kényanes à l'époque moderne est certainement Ngugi Wa Thiong'o, romancier (Et le blé jaillira, 1967 ; Pétales de sang, 1977) et dramaturge militant en faveur d'une littérature populaire, qui fut emprisonné pendant près d'une année par les autorités de son pays pour avoir présenté à un public paysan, et dans sa langue, le kikuyu, une satire sociale sur la condition de la femme (Ngaahika Ndenda, 1977). En dehors de Jomo Kenyatta (vers 1893-1978), président du pays de 1964 à sa mort, et auteur du célèbre Au pied du mont Kenya (1938), les lettres kényanes sont surtout représentées par des ouvrages à caractère ethnographique et folklorique (Akamba Stories, 1966, de John Mbiti ; Land without Thunder, 1968, de Grace Ogot), des récits évoquant la lutte des Mau-Mau contre la colonisation britannique (Ordeal in the Forest, 1967, de Godwin Wachira ; Daughter of Mumbi, 1969, de Charity Waciuma). La ville de Nairobi a produit sa propre littérature en particulier dans l'œuvre de Meja Mwangi (Going down River Road, 1976) de David Maillu (After Four thirty, 1974). Le théâtre de Francis Imbuga est une chronique de la création d'une classe moyenne au Kenya (Burning Rags, 1973). Enfin, des auteurs populaires comme Marjorie Macgoye, Yusuf Dawood ou Ole Kulet témoignent de la place de l'anglais au Kenya et de l'existence d'un public lettré. Dans les dernières décennies, l'enseignement du kiswahili a suscité un regain d'intérêt pour la production kényane avec des romanciers comme Mohammed Said Mohammed et des poètes comme Ahmed Sheikh Nakhbany ou Abdelatif Abdalala (Sauti ya dhiki, 1980).