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Nikos Kazantzaki ou Nikos Kazantzakis

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain grec (Hêraklion, Crète, 1883 – Fribourg-en-Brisgau 1957).

Figure controversée des lettres grecques, écrivain prolifique ayant pratiqué presque tous les genres, homme torturé par l'angoisse, sans cesse en proie à l'errance, physique ou spirituelle, Kazantzaki ne se laisse pas aisément cerner par la critique. L'écrivain, « d'abord Crétois et ensuite Grec », a une enfance marquée par les soulèvements de son île natale contre les Turcs (1889, 1897-1899), luttes dépeintes dans la Liberté ou la mort (1953), que domine la haute figure de son père, le « capétan Michalis ». Après des études de droit à Athènes, il se rend en France, où il suit les cours de Bergson et se passionne pour Nietzsche, sur lequel il soutient une thèse et dont la pensée ne cessera de l'habiter. Mais il se donne d'autres maîtres et, dans son panthéon, le Bouddha et Lénine viennent bientôt rejoindre le Christ et Ulysse. Vagabond perpétuel, il relate ses impressions dans une série d'En voyageant (1927), qu'il poursuivra jusqu'à sa mort. Il séjourne à Berlin, se rend à Moscou avec Panait Istrati, rencontre Gorki (1927). De cette première partie de sa vie, il tire un bilan dans Ascèse (1927). Jusqu'en 1938, et malgré de nouveaux voyages, sa vie tourne autour de ce qu'il jugeait sa grande œuvre, une Odyssée de 33 333 vers surchargée d'allégories et de symboles. Après la guerre, Kazantzaki est un temps attiré par la politique, mais il se retire en France, à Antibes, où il écrit ce qu'il croyait ne devoir être que délassement et qui devait en fait le rendre célèbre, ses romans : Alexis Zorba (1946), le Christ recrucifié (1954), la Dernière Tentation (1955). Son plus beau livre est peut-être cette Lettre au Greco, parue après sa mort (1961), où, les contradictions dépassées, demeure seul le profil, à la simplicité d'épure, d'une vie tout entière vouée au dépassement et à la plénitude de l'être, symbolisé par le « regard crétois » que pose sur le monde celui qui fut le « Solitaire des lettres grecques ».