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Kawabata Yasunari

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain japonais (Osaka 1899 – Kanagawa 1972).

Orphelin dès l'âge de 2 ans, recueilli par ses grands-parents, qu'il voit disparaître bientôt (Journal de ma seizième année, 1925), il débute dans les lettres alors qu'il est encore élève du lycée à Osaka. Il s'adonne à la lecture des auteurs japonais et étrangers : Mushanokoji, Tanizaki, Shiga, Akutagawa, Dostoïevski, Tchekhov et Strindberg. Entré en Propédeutique à Tokyo en 1917, il fait son premier voyage à Izu l'année suivante, où il rencontre une famille de musiciens et de danseurs ambulants. En 1921, alors qu'il est étudiant à la faculté des lettres de l'Université impériale de Tokyo, il reprend, avec ses amis, la revue Shinshicho, où il fait paraître Une scène de fête commémorative. Reconnu grâce à ce récit par Kikuchi Hirochi, il rejoint en 1923 Bungeishunju (les Annales littéraires) où il se lie d'amitié avec Yokomitsu Toshikazu, avec qui il fondera la revue Bungeijidai (le Temps des lettres). À partir de 1924, il entreprend des « romans miniatures », qu'il définit comme des « récits qui tiennent dans la main », ébauches de romans aux franges de l'irréel où percent, à travers un style précis et énigmatique, son angoisse et ses obsessions, alors même qu'il se recommande d'une esthétique marquée par les classiques bouddhiques (Autobiographie littéraire, 1934). Son double souci de concision et de profondeur se traduit aussi bien dans ses nouvelles que dans ses romans, où l'on retrouve partout présentes la mort et la fatalité des amours tragiques : la Danseuse d'Izu, 1926 ; Chronique d'Asakusa, 1929 ; Pays de neige, 1935, remanié en 1948 ; le Maître ou le Tournois de go, 1942-1954 ; Nuée d'oiseaux blancs, 1949-1951 ; le Grondement de la montagne, 1949-1954 ; le Lac, 1954 ; les Belles Endormies, 1961 ; Tristesse et Beauté, 1961-1963 ; Kyoto, 1961-1962. Alliant un impressionnisme raffiné, qui traduit la nature dans ses nuances les plus subtiles, à la faculté de créer des personnages particulièrement vivants, il fut longtemps rattaché par les critiques littéraires à l'école « néo-sensationniste » (Shinkankaku-ha). En 1968, le prix Nobel couronna son œuvre, qui semblait avoir trouvé l'équilibre entre la tradition littéraire japonaise (du dit du Genji aux romans de Saikaku) et les recherches occidentales (de Dostoïevski à Joyce). Cependant, après le suicide de Mishima (1970) et celui de Shiga (1971), l'écrivain, épuisé par la maladie et le travail, se donna la mort en 1972 dans son appartement de travail au bord de la mer.