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Kabbada Mikâêl

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain et homme politique éthiopien (1915).

Catholique, de culture française, il végétait après la libération de l'Éthiopie dans un poste obscur de l'administration, lorsqu'il fut, dit-on, découvert par Wolf Leslau. Son premier ouvrage remarqué fut une œuvre de circonstance, destinée à combattre, au moment de la redistribution des anciennes colonies italiennes, les arguments, opposés aux revendications éthiopiennes, sur la persistance de l'esclavage en Éthiopie : l'Éthiopie et la civilisation occidentale fut publié en 1949, et traduit dans le même volume en français et en anglais. Traducteur, historiographe officiel, auteur dramatique volontiers inspiré par la Bible ou l'histoire (Prophétie accomplie, 1945-1946 ; Hannibal, 1955-1956 ; Kaleb, 1965-1966 ; Achab, 1967-1968), poète (la Lumière de l'esprit, 1941), il écrivit après la mort de sa femme une élégie célèbre, dont la sincérité et l'émotion rompent avec la froideur de son œuvre au service de l'empire. Cependant, sa poésie officielle en alexandrins classiques était très appréciée du public éthiopien : il fut l'auteur à succès des années 1950-1970 et obtint le prix Hâyla Sellâsê de littérature amharique en 1964 – à cette époque, le goût des élites et même le goût populaire étaient assez conformes aux préférences impériales. Son œuvre considérable, écrite en amharique, reste dans la ligne inaugurée par Heruy : diffusion d'un modernisme nationaliste lié à l'influence occidentale (italienne, française, américaine), mais tempéré par le conformisme de la pensée et le classicisme de la langue.