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Livre de Jérémie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Le nom Jérémie signifie Yah est élevé. Son activité prophétique se déploie de 627 à 587 av. J.-C. Il est né à Anatot, village près de Jérusalem, dans une famille sacerdotale (Jr I, 1). Sa vocation au ministère prophétique se situe en 626 (Jr I, 2), alors qu'il était encore un tout jeune homme. Son activité s'étend sous le règne de plusieurs rois de Juda : commencée sous Josias (640-609), elle se prolongea sous les règnes de Joachaz (609), de Joïaqim (609-597), de Joïakin (597), de Sédécias (597-587) et sous le gouvernement de Godolias. Jérémie connut les jours pleins de promesses du jeune roi réformateur, Josias, puis les années tragiques qui précédèrent la chute de Jérusalem. C'est probablement dans le cours de ces années que Jérémie rédigea, en tout ou en partie, ce qu'on appelle les Confessions (XI, 18-XII, 6 ; XV, 10-21 ; XVII, 14-18 ; XVII, 18-23 ; XX, 7-13). Elles révèlent le combat personnel d'un homme qui entend demeurer fidèle à sa vocation, mais qui, à certaines heures, éprouve la tentation d'abandonner son rôle de prophète. Lors de la prise de Jérusalem (587), Jérémie est traité avec égards par les Babyloniens (XXXIX, 11-14 ; XL, 2-4). Après le meurtre de Godolias, il se trouve entraîné en Égypte par les Judéens qui se dérobent aux sévices du vainqueur (XLII, 1-XLIII, 7). C'est sur cette terre étrangère qu'il disparaît. Les articulations du Livre de Jérémie sont complexes. Tel qu'il se présente aujourd'hui, le Livre de Jérémie est une collection qui fut l'œuvre de nombreux compilateurs et éditeurs : 1) I, l-XXV, 13 : Oracles et actions symboliques de Jérémie contre Juda ; 2) XXVI, l-XLV, 5 : Oracles de salut pour Israël-Juda et récits concernant le ministère de Jérémie ; 3) XXV, 13b-38 et XLVI-LI, 64 : Oracles contre les nations ; 4) LII, l-34 : Appendice décrivant la catastrophe de 587-586. C'est probablement à Babylone, dans une communauté préoccupée de l'avenir, que fut effectué le travail définitif.

Lettre de Jérémie

Elle a été écrite en hébreu, mais elle ne s'est conservée que dans une traduction grecque. En effet, un fragment grec a été découvert à Qumrân, datant des années 100 av. J.-C. Elle ne fait pas partie du canon hébraïque des Écritures, mais figure parmi les livres que l'Église catholique appelle « deutérocanoniques ». Cet écrit se présente comme une lettre adressée par Jérémie à ses compatriotes qui sont sur le point de partir en exil à Babylone (I, 1). C'est une satire contre les idoles, modelée sur celle qu'on trouve en Isaïe, XLIV, 9-20, et sur celle de Jérémie, X, 1-16.

L'influence posthume de Jérémie a été considérable. Ézéchiel, en plus d'un passage, et surtout les auteurs des Lamentations, de Baruch et de la Lettre de Jérémie lui sont redevables de leur inspiration. Il trouve place dans la pensée et les légendes du judaïsme (II Maccabées, II, 1-8 ; II Baruch ; Paralipomènes de Jérémie). Le christianisme a vu dans l'œuvre de Jésus « la Nouvelle Alliance » annoncée par le prophète (Jérémie, XXXI, 31-34).