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Jean, sire de Joinville

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Chroniqueur français (vers 1224-1317).

Sénéchal de Champagne, il participa à la septième croisade et combattit aux côtés de Saint Louis, notamment à la bataille de Mansourah. Prisonnier en même temps que le roi, il lui témoigna une amitié féodale qui se traduisit autant par les conseils que par le service des armes. Mais il refusa de participer à l'expédition de Tunis, qui fut fatale au roi, parce qu'il entendait protéger son fief contre les sergents des rois de France et de Navarre. Après la mort du roi, qu'il ressentit douloureusement, il contribua activement à sa canonisation par sa déposition et assista à l'élévation des reliques à Saint-Denis. Il joua encore un rôle actif auprès des successeurs de Saint Louis. D'une solide culture religieuse, Joinville composa un Credo (1250-1251), dont il prépara l'illustration. Partagé entre exposition littéraire et exposition iconographique, le texte était destiné à affermir la foi des croisés moribonds ; chacun des articles repose sur des passages bibliques, événements ou paroles qui annoncent les points doctrinaux. Après 1272, Joinville rédigea pour lui-même ses souvenirs. La jeune reine Jeanne de Navarre lui ayant commandé un livre des paroles et des exploits de Saint Louis, il dicta à des clercs de son entourage ses Mémoires recomposés en forme d'enseignement, à partir des bons exemples donnés par le roi défunt, et l'ouvrage fut dédié en 1309 au Dauphin (Jeanne de Navarre étant morte en 1305). Le texte comprend deux parties essentielles : l'une est réservée aux paroles et aux actes du roi, dont la valeur est édifiante, l'autre à ses prouesses, dans une interdépendance de la piété et de la vaillance. Joinville, doué d'une mémoire visuelle étonnante, y apparaît comme un auteur qui raconte et se raconte sans méthode. La mise en œuvre des souvenirs personnels avec l'accent de la sincérité, la spontanéité, le naturel, fait le charme de ce récit où abondent des détails ignorés par les autres chroniqueurs.