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le Jeu d'Adam

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Ce premier drame religieux français, en 942 vers octosyllabiques à rimes plates ou décasyllabiques constituant des quatrains monorimes, a été composé entre 1150 et 1170 dans la mouvance de la cour d'Henri II Plantagenêt. Jouée devant le porche d'une église, cette paraliturgie du temps de Noël met en œuvre une dramaturgie très élaborée. De structure tripartite (Tentation et Châtiment d'Ève et d'Adam qui s'achèvent par leur mort et leur entrée en Enfer, Meurtre d'Abel, Prophètes annonciateurs de la venue du Christ), elle comporte des textes liturgiques en latin chantés par un chœur, mais aussi des rubriques en latin donnant des indications précises sur la mise en scène (diction, gestes des acteurs, décor, costumes...). Chacune des parties, située dans un décor différent (le Paradis terrestre pour la première), est nourrie de dialogues animés, la deuxième se singularisant par une progression dramatique très travaillée. Le fondement théologique qui les unit est l'idée que le péché d'Adam et Ève, suivi du crime commis par Caïn, pourra être racheté par la Rédemption, que souhaitent les premiers parents. Cette remythisation du récit de la Genèse, destinée à expliquer l'origine de l'homme et à fonder la morale sur sa culpabilité, évoque aussi l'institution du mariage comparé au contrat vassalique (Dieu est suzerain d'Adam, comme Adam est suzerain d'Ève). Joué à une époque d'hérésie violente (qui prônait l'égalité entre l'homme et la femme), le Jeu d'Adam est violemment anticourtois.