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Jean Bodel

Jean Bodel, Li congié
Jean Bodel, Li congié

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète picard (vers 1165 – v. 1210).

Trouvère de la confrérie des jongleurs d'Arras, il fut vraisemblablement attaché comme sergent à l'échevinage. Au moment de s'engager pour la quatrième croisade, il fut atteint de la lèpre et mourut dans une léproserie près d'Arras. Auteur d'une œuvre composite, il a marqué de son talent original plusieurs genres littéraires : la chanson de geste avec la Chanson des Saisnes (fin xiie s.) en 7 000 alexandrins, où il mêle au sujet épique (la guerre de Charlemagne contre les Saxons) une thématique amoureuse d'allure romanesque (les amours des Saxonnes et des Français) et le réalisme bourgeois ; le jeu dramatique, avec le Jeu de saint Nicolas (vers 1200), alliant un thème épique et un thème hagiographique. Reprenant une légende déjà mise en scène en latin par Hilarius, la pièce a pour originalité d'inverser l'image de la croisade, en faisant d'Arras une ville sarrasine. En trois « actes », un émir païen va se convertir grâce à une statuette miraculeuse qui le remet en possession de son trésor volé. Merveilleux (apparitions des anges et de saint Nicolas), mouvement épique (qui fait écho à la préparation de la quatrième croisade) et scènes de taverne font de cette pièce une œuvre complexe qui « met en jeu » toutes les valeurs de l'époque. Jean Bodel est aussi l'auteur de 9 fabliaux caractérisés par un mélange de satire et de réalisme. Il a renouvelé en outre le genre de la pastourelle, sans s'éloigner pourtant du cadre habituel des échanges galants entre une bergère et un pâtre, mais en privilégiant le type du bourgeois-paysan au détriment du type aristocratique, et en insérant dans l'une d'elles une intention politique. Il est enfin à l'origine des Congés, composés de 45 strophes en douzains d'octosyllabes, qu'il a écrits au moment de se retirer dans une léproserie. Il y fait ses adieux à son entourage, déplore sa vie passée, adresse des prières. Ce genre poétique fut imité par Baude Fastoul, par Adam de la Halle et même par Villon.