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Peju Kracolov, dit Peju Javorov

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète bulgare (Cirpan 1878 – Sofia 1914).

Peu d'œuvres littéraires ont aussi fidèlement reflété la vie d'une personnalité puissante, mais destinée à une fin tragique. « J'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs vies », dit un des protagonistes de sa pièce autobiographique Au pied de la Vitosa (1911). Six années plus tôt, Javorov avait rencontré Mina Todorova et avait écrit pour elle des recueils passionnés (Insomnies, 1907 ; Derrière les ombres des nuages, 1910). Après la mort prématurée de Mina, le poète se lie à Lora Karavelova, femme brillante et cultivée. Ils se marient, mais, pour des raisons obscures, Lora met fin à ses jours en 1913. Un an plus tard, Javorov se suicide à son tour. Dans tous les actes de sa vie, le poète n'aura pas connu de demi-mesures : lorsque la Macédoine s'était soulevée pour rejeter le joug turc, il avait combattu dans les rangs des insurgés (Chants des Hajduk, 1903). Son baptême de poète lui avait été donné par Penco Slavejkov, le chef spirituel du cercle de la revue la Pensée, l'avant-garde littéraire de l'époque : avec Chant à ma chanson (1903), Javorov avait inauguré le symbolisme bulgare, dont il resta un des représentants les plus brillants, ne cessant d'exprimer, dans des vers plastiques et musicaux, la vision d'une âme tourmentée par la souffrance et déchirée par le désespoir.