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Cyril Lionel Robert, dit C. L. R James

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain trinitéen (la Trinité 1901 – Londres 1989).

Intellectuel engagé, polémiste de talent, il est un peu aux Caraïbes ce que W. E. B. DuBois fut aux États-Unis. Il a écrit une vingtaine d'ouvrages théoriques et critiques qui traitent de Trotski ou de Melville (Marins, renégats et naufragés, 1953, 1978), des révoltes d'esclaves ou de l'Internationale communiste, dans un souci de lutte contre le colonialisme occidental et une tentative incessante pour examiner les rapports entre socialisme et libération politique et raciale (les Jacobins noirs, 1938), société et culture (il s'intéresse ainsi beaucoup aux formes culturelles existant dans les Caraïbes, s'appuyant notamment sur l'exemple du cricket). Grand voyageur, James a surtout vécu en Grande-Bretagne (1932-1938 ; 1953-1958 ; il y passera ses dernières années), aux Caraïbes (1958-1960) et aux États-Unis (1938-1953 ; et une dizaine d'années à partir du milieu des années 1960), ne manquant pas d'inspirer des intellectuels engagés, de George Padmore à George Lamming. Ses activités politiques ne doivent pas faire oublier ses pièces (notamment sur Nkrumah et sur Toussaint Louverture), ses nouvelles (Triomphe, 1929) et un roman (Minty Alley, 1936) qui explore, dans un style vivant et populaire, l'aliénation de l'intellectuel antillais vis-à-vis de son peuple – aliénation qui appauvrit l'un et l'autre. Ses écrits sont ceux d'un penseur qui, le premier, avec son collaborateur Alfred H. Mendes, s'est intéressé aux couches les plus basses de la société trinitiéenne. Leur journal Trinidad, puis ensuite The Beacon (dirigé par Albert Gomes de 1931 à 1933) seront les premiers organes d'opinion où les Afro-Caribéens pourront s'exprimer librement. Ses positions lui vaudront d'être persona non grata aux États-Unis et aussi, brièvement, à Trinidad au début des années 1960, alors que l'île vient d'accéder à son indépendance. Enfin, il faut signaler son roman autobiographique Au-delà des limites (1963), dont les interrogations portent sur la nature de l'art, et les liens entre les lettres et la culture populaire.

Les Jacobins noirs, étude historique (1938). Consacrée à Toussaint Louverture et la révolution de Saint-Domingue, elle témoigne d'une méthode scrupuleuse qui met en relation l'action des individus et des masses et les contraintes économiques : personnages dramatiques, scènes évoquées avec brio et, surtout, souci d'une perspective « tiers-mondiste » font de cet essai un classique du genre.