En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Ludvig Holberg

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain danois d'origine norvégienne (Bergen 1684 – Copenhague 1754).

Il parodie dans Peder Paars (1719-20) la poésie épique classique : son Énée est un brave commerçant naviguant entre les îles danoises accompagné d'un serviteur qui n'est pas sans rappeler Sancho Pança ; le succès fut tel que le comédien français Montaigu demanda à l'auteur un répertoire danois pour le théâtre qu'il ouvrit en 1722 à Copenhague. Holberg reprend des situations de la comédie italienne et crée des équivalents danois à Arlequin et Colombine. D'abord auteur satirique, c'est dans la vie quotidienne que sont ancrées ses comédies ; fidèle tenant de la raison, il recense les folies dont sont agités les hommes – ainsi de Jeppe de la montagne, comédie (1722-23) dont le thème, inspiré de la farce italienne est repris par Shakespeare dans son prologue de la Mégère apprivoisée. Enlevé ivre, sur le bord de la route, par un baron facétieux qui le fait porter dans son lit, Jeppe, paysan naïf et paresseux, se prend au jeu et devient tyrannique. Rendu à son état premier, il lui faudra se résigner à retrouver sa modeste condition. Erasmus Montanus (comédie publiée en 1731, représentée en 1747) montre un jeune paysan, qui, après s'être frotté aux écoles de la ville, scandalise son village par son pédantisme et sa science trop neuve : il retrouve parents, amis et fiancée, lorsqu'il consent à proclamer que la Terre est plate et immobile. Ses connaissances trop vite apprises se perdent au contact de la trivialité du quotidien.

C'est en latin, pour atteindre un public européen, qu'Holberg écrit, à l'exemple des ouvrages de Thomas More ou de Swift, son Voyage souterrain de Niels Klim (1741) : Niels, dans les entrailles de la Terre, évolue parmi des êtres dont les plus doués sont ceux qui ont l'esprit le plus lent. Ce renversement permet la mise en cause de toutes les valeurs.