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Guatemala

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Le Guatemala, où la première imprimerie est installée en 1660, accède à l'indépendance en 1821 et devient politiquement autonome en 1839. S'il n'y a pas de véritable littérature nationale avant 1821, deux grands noms des lettres de la période coloniale émergent : l'historien-poète Francisco de Fuentes y Guzmán (1643-1700) et, surtout, le jésuite Rafael Landívar (1731-1793). Le premier poète à s'illustrer après l'indépendance est J. Batres y Montufar (1809-1844), auteur néoclassique des Traditions du Guatemala. A. J. de Irisarri (1786-1868) peut être considéré comme le père du roman guatémaltèque (Historia del Perínclito Epaminondas del Cauca, 1863).

Le romantisme n'apparaît que tardivement : en poésie, Juan Diéguez est surtout un imitateur de V. Hugo. Le roman est mieux représenté, grâce au Visiteur (1867) de José Milla. Ce n'est qu'avec le modernisme qu'apparaissent les véritables créateurs, comme le poète M. Soto Hall (Dans l'attente, 1910). Le grand nom de la nouvelle école est celui de E. Gómez Carrillo (1873-1927), auteur de chroniques vivantes et colorées, au style rapide et élégant.

Les vingt premières années du xxe siècle sont marquées par la féroce dictature d'Estrada Cabrera, modèle du Monsieur le Président (1946) d'Asturias. Le seul roman d'envergure qui échappe à la censure est l'Homme qui ressemblait à un cheval (1915) de R. Arévalo Martínez. Après 1920, date de la chute du dictateur, le Guatemala s'ouvre aux influences extérieures, en particulier celle de la révolution mexicaine. Les jeunes gens de la bourgeoisie voyagent en Europe et sont initiés aux grands courants littéraires de l'époque. Apparaît alors « la génération de 1920 », dont font partie les deux plus grandes figures du Guatemala contemporain, l'essayiste et poète L. Cardoza y Aragón et M. Á. Asturias. Ces deux noms ne doivent pas occulter ceux d'autres écrivains, en général réunis autour de la revue Ensayo : Flavio Herrera (1892-1968), Carlos Wild Ospina (1891-1956). La nouvelle est représentée par Carlos Samayoa Chinchilla (Mère Milpa, 1934), et la poésie, par César Brañas (Vent noir, 1938).

En 1930, le Guatemala subit la crise économique mondiale, provoquant le retour des « Européens » comme Asturias, et une nouvelle dictature (J. Ubico). Un nouveau mouvement apparaît, les Tepeus, sous l'égide de M. Mariscovétere y Durán, qui fonde la revue Proa, où écrivent le poète F. Méndez et le romancier R. Santa Cruz. L'opposition à la dictature se cristallise dans le groupe Acento, dont certains membres, comme Otto R. González ou Carlos Illescas, fonderont deux ans après la chute d'Ubico (1944) un nouveau groupe, Saker-Tí, qui s'illustra tout au long de la seule décennie (1944-1954) démocratique de l'histoire du pays, période florissante pour les lettres : Monsieur le Président et Hommes de maïs d'Asturias paraissent, ainsi que Ecce Pericles d'Arévalo Martínez, Entre la pierre et la croix de M. Monteforte Toledo. L. Cardoza y Aragón, auteur du célèbre essai Guatemala, les lignes de sa main, dirige la Revista de Guatemala.

À partir de 1954, de nombreux écrivains doivent s'exiler, tels Asturias, A. Monterosso ou Otto René Castillo. Ce dernier, rentré dans son pays, torturé et mis à mort, est devenu une sorte de poète mythique pour les Guatémaltèques. Dans le désert des années 1960, on trouve quelques poètes de premier plan, comme Roberto Obregón, assassiné lui aussi, auteur de El aprendíz de profeta (1967), et Arquelez Morales (La rosa perseguida, 1960), ainsi que le dramaturge Manuel José Arce. Les lettres connaissent une certaine renaissance dans les années 1970, surtout après la parution de Los compañeros (1976) de Marco A. Flores ; les nouvelles tendances semblent se caractériser par une recherche expressive fondée sur l'étude du langage populaire. Mais, aujourd'hui encore, les exilés sont nombreux, tel le romancier et nouvelliste Rodrigo Rey Rosa (le Projet, 1991 ; Un rêve en forêt, 1997).