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Aleksandr Sergueïevitch Griboïedov

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Auteur dramatique russe (Moscou 1795 – Téhéran 1829).

Issu d'une famille de vieille noblesse, extrêmement cultivé, fin linguiste, il s'engage en 1812 dans un régiment de hussards, et fait partie de ces groupes d'officiers qui découvrent en Europe l'émancipation intellectuelle. À son retour, il fréquente les cercles littéraires, mais ses deux premières comédies ne sont que de légers marivaudages. En revanche, le Malheur d'avoir trop d'esprit va fonder le grand théâtre russe. Composée vers 1823, publiée par fragments (1824) et interdite par la censure, la pièce ne fut représentée – avec un immense succès – qu'en 1831, mais elle était largement connue par des copies clandestines. Griboïedov y dénonce le népotisme, le conservatisme, l'emprise des femmes, la médiocrité des officiers et de la noblesse, caricaturant le Moscou de Catherine II et d'Alexandre Ier, la Russie du servage, autour d'une intrigue simple : un jeune noble, Tchatski, après trois ans à l'étranger, retrouve son amie d'enfance, la frivole Sophie, qu'il aime d'un amour passionné et ombrageux, mais elle lui préfère un imbécile vaniteux. Tchatski, exaspéré, déverse ses sarcasmes sur la bonne société, qui le déclare fou. Il finit par s'éloigner, comme l'Alceste de Molière auquel on le compare souvent. Outre la critique sociale et la puissance des caractères, la comédie innove en mêlant une langue familière au style classique et en utilisant le vers libre, dont la souplesse se prête à la conversation et à l'expression des émotions. Griboïedov a donné à Tchatski un certain nombre de traits autobiographiques : c'est en partie son dégoût pour les gens du monde qui fait accepter à l'auteur un poste d'ambassadeur en Perse, où il est tué.