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Julien Green

Julien Green
Julien Green

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain américain d'expression française (Paris 1900 – id. 1998).

Ses compositions romanesques, son écriture, volontairement conventionnelles, rendent le réel sulfureux : l'angoisse surgit du quotidien, la cruauté de l'inoffensif et la grâce des ténèbres. Dans Mont-Cinère (1926), la haine et la folie mènent la danse comme dans Adrienne Mesurat (1927). Les mêmes obsessions, les mêmes soubresauts, aux confins de la psychologie et de la métaphysique, du mysticisme et de la débauche, se retrouvent dans Léviathan (1929) ou dans Épaves (1934). Ce regard d'ombre, qui mêle démence et désir, pèse sur les Histoires de vertige (écrites de 1921 à 1932, parues en 1984). La mort est la réalité vraie du Visionnaire (1934), tandis que Minuit (1936) accentue le glissement du « réalisme » vers l'invisible et le fantastique. Varouna (1940) et Si j'étais vous (1947) font la part du bien et de la souillure. Moïra (1950) reprend le thème du combat de la chair et de la foi. La dimension pascalienne de l'œuvre se retrouve dans le Malfaiteur (1956), Chaque homme dans sa nuit (1960), l'Autre (1971), Un mauvais lieu (1977), les Étoiles du Sud (1989) : chacun de ces romans est celui d'un être jeté hors du chemin commun et contraint à la découverte de soi. Ce brûlant décapage, cette sensation de l'absurde à travers le tragique sont aussi les constantes du théâtre de Green : Sud (1953) est le drame d'un lieutenant homosexuel. Afin d'échapper à la souffrance d'une passion impossible, le héros provoque en duel l'être aimé et se laisse tuer. Folie ou noblesse de ce choix, qu'importe, semble dire l'auteur : « Il a cherché la mort. Il la voulait de toutes ses forces. » Il l'a trouvée. Suivront l'Ombre (1956), l'Automate (1985).

Green a publié des livres sur sa jeunesse marquée par une éducation puritaine (Partir avant le jour, 1963 ; Mille Chemins ouverts, 1964 ; Terre lointaine, 1966 ; Jeunesse, 1974), tandis que les seize tomes de son Journal, des Années faciles (1976) à Pourquoi suis-je moi ? (1996), donnent une suite à ces confessions. Après vingt-cinq ans passés à l'Académie française, il la quitte et, en 1997, publie un texte, écrit en 1922, Dionysos ou la chasse aventureuse. Son œuvre, à plusieurs voix (le Langage et son double, 1985), est l'évocation d'une âme étonnée d'être aussi un corps. Le style, d'une simplicité aisée, donne l'apparence de la clarté à l'expression de sentiments complexes. Sa limpidité illusoire rend sensible la profondeur des tourments affectifs et spirituels de l'écrivain.