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Carlo Goldoni

Carlo Goldoni
Carlo Goldoni

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain italien (Venise 1707 – Paris 1793).

Acteur, metteur en scène, scénariste, Goldoni écrivit la plupart de ses pièces sur la commande d'un imprésario ou pour prendre parti dans la polémique qui opposait alors la commedia dell'arte, les « fables » de C. Gozzi, la comédie larmoyante (P. Chiari) et le théâtre littéraire prôné par les académies. La « réforme » qu'il élabore est moins fondée sur une poétique que sur la progressive éducation du public et des acteurs. Ainsi s'explique qu'il n'ait atteint la pleine originalité de son art qu'au seuil de la cinquantaine, au terme de toute une vie de théâtre. De 1734  à 1738, Goldoni s'exerce tour à tour dans la tragédie (Bélisaire, Rosimonde, Griselda, Don Juan Tenorio, Renaud de Montauban, Henri, roi de Sicile, Justin), le mélodrame sérieux (Gustave, roi de Suède, Oronte, Roi des Scythes), le mélodrame bouffe (Aristide, la Fondation de Venise, Lucrèce romaine à Constantinople) et, surtout, l'intermède bouffe, où il découvre sa voie dans la caricature de la vie quotidienne à Venise (le Gondolier vénitien, la Pupille, la Birba, Monsieur Petiton). Sa première comédie proprement dite date de 1738 : Momolo cortesan (reprise plus tard sous le titre l'Homme du monde), dont la grande originalité, par rapport aux canevas de la commedia dell'arte, consiste en ce que le rôle du protagoniste y est entièrement écrit ; innovation qu'il perfectionne dans le Prodigue, la Banqueroute jusqu'à la Donna di Garbo (1743), première comédie entièrement écrite. Dès 1750, il expose concrètement dans le Théâtre comique (1750) les principes de sa « réforme » : une troupe d'acteurs s'interroge sur les vertus de naturel et de simplicité du « nouveau jeu » théâtral. Il n'en continuera pas moins à s'exercer dans d'autres genres. C'est ainsi qu'au plus fort de sa polémique avec Carlo Gozzi et Pietro Chiari, à la fin des années 1750, il décide de rivaliser avec ce dernier sur son propre terrain, celui de la tragédie romanesque en vers, où il néglige personnages et rythme théâtral au profit de l'atmosphère et de l'exotisme (l'Épouse persane, Hircana à Ispahan, la Péruvienne). Il se risque également dans la tragédie classique (Énée dans le Latium, les Amours d'Alexandre le Grand). On compte plus d'un chef-d'œuvre parmi les 150 pièces, en italien et en dialecte, de son répertoire. Certains s'imposent pour la force des caractères. Ainsi, la Locandiera (1753) met en scène la belle tenancière d'une auberge de Florence, Mirandolina, qui dédaigne les avances du marquis de Forlimpopoli et du comte d'Albafiorita pour conquérir le chevalier de Ripafratta, ennemi du beau sexe. Ayant réussi, elle choisira pour époux le valet Fabrice. Les Rustres (1760) décrit la mentalité archaïque des bourgeois vénitiens. Le Bourru bienfaisant, écrite en français et créée à Paris en 1771, reprend la comédie de caractères et une morale propres au théâtre français de l'époque. La Petite Place (1756) et la trilogie de la Villégiature (1761) se distinguent pour la vivacité du jeu choral ; l'Éventail (1764) est remarquable pour la virtuosité de l'intrigue, construite autour d'une série de quiproquos amoureux, symbolisée par un éventail qui court de main en main ; Baroufe à Chioggia (1762) qui met en scène les agaceries amoureuses de trois jeunes pêcheurs et de leurs fiancées, pour la vérité de la représentation sociale. Les Mémoires de Goldoni, écrits en français, à Paris, de 1784 à 1787, dressent avec bonhomie le bilan de son exceptionnelle carrière.