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Romain Kacew, dit Romain Gary

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français d'origine russe (Vilna 1914 – Paris 1980).

Arrivé en France à 14 ans, Romain Gary est élevé par sa mère, actrice russe d'origine juive. Après des études de droit, il s'engage dans l'aviation et rejoint la France libre pendant la guerre (compagnon de la Libération en 1944). De 1945 à 1961, il mène de front une carrière diplomatique et une œuvre romanesque centrée sur des thèmes puisés dans l'actualité, qu'il s'agisse de la guerre, du racisme ou des problèmes écologiques (Éducation européenne, 1945 ; les Racines du ciel, prix Goncourt, 1956 ; les Cerfs-Volants, 1980). Animé par des préoccupations humanistes, Gary raconte son adolescence et sa vocation dans la Promesse de l'aube (1960). Ses récits des années 1960 portent l'empreinte de sa rencontre avec l'actrice américaine Jean Seberg, qu'il épouse en 1963 et qu'il fait jouer dans un film tiré d'un recueil de nouvelles, Les oiseaux vont mourir au Pérou. En 1965, Gary publie Pour Sganarelle, premier volet du cycle Frère Océan. Dans cet essai sur l'art romanesque, il défend ce qu'il appelle « le roman total », une création imaginaire capable de subvertir les règles et les codes pour modifier les structures mentales. En 1970, il évoque le problème racial aux États-Unis dans Chien blanc. Hanté par les effets du vieillissement (Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, 1975), il renouvelle profondément son inspiration et son style en signant quatre romans du nom d'Émile Ajar, pseudonyme mystérieux que les journalistes parisiens ont pris à l'époque pour celui de Paul Pavlowitch, le neveu de Romain Gary. Après Gros-Câlin (1974), histoire d'un homme dont le meilleur ami est un python, la Vie devant soi (1975) est couronnée par le prix Goncourt : ce roman d'amour filial entre un petit orphelin, Mohamed, et Madame Rosa, une ancienne prostituée, obtient un succès immédiat. Servi par une écriture foisonnante, pétrie de traits empruntés à la langue orale, ce plaidoyer en faveur des exclus est rehaussé par une voix narrative qui concourt à une subversion des codes linguistique et idéologique en mêlant les registres énonciatifs de l'enfant et de l'adulte. Gary se réjouit autant d'abuser critiques et jurés par cette supercherie littéraire que de connaître une nouvelle jeunesse. Deux autres livres suivent : Pseudo (1976), fausse autobiographie de Pavlowitch, et les Angoisses du roi Salomon (1978). Par-delà leurs spécificités, les récits de Gary et d'Ajar sont portés par « la recherche de l'humain fondamental ». Mais, profondément affecté par les épreuves de la vie, Gary prépare minutieusement son départ et se suicide en décembre 1980. La parution coup sur coup, l'année suivante, de son testament, Vie et mort d'Émile Ajar, et du récit de Paul Pavlowitch, l'Homme que l'on croyait, dévoilera toute la mystification.