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Max Frisch

Max Frisch
Max Frisch

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain suisse-allemand (Zurich 1911 – id. 1991).

Reporter puis architecte, Frisch devint écrivain après la faillite d'une culture à laquelle il se sentait appartenir. Son œuvre théâtrale, inspirée de Brecht, mais libre de toute idéologie, recourt souvent au burlesque pour analyser la crise morale (la Grande Muraille, 1947 ; Andorra, 1962 ; Don Juan ou l'Amour de la géométrie, 1953 ; Biedermann et les incendiaires, 1956). Il a eu très tôt recours à la technique du journal intime supposé (Blätter aus dem Brotsack, 1940) et publié deux importants fragments de son Journal (1946-1949 et 1966-1971), qui contiennent en germe son œuvre future. Le roman Je ne suis pas Stiller (1954) dépeint le tragi-comique d'une recherche identitaire, tandis que Homo faber (1957) précipite un ingénieur épris de science et de progrès dans une catastrophe incompréhensible. Dans sa pièce Andorra (1965), une communauté désigne l'un de ses membres comme juif. Progressivement, il devient l'« autre » en acceptant, jusqu'au sacrifice expiatoire, l'image que la communauté lui renvoie : une tentative didactique de déconstruire l'antisémitisme. Dans Biedermann et les incendiaires (1958), le personnage éponyme, accepte de donner asile à deux clochards. Même lorsqu'il devient évident qu'il s'agit d'incendiaires qui s'apprêtent à récidiver et à faire partir la ville en fumée, Biedermann préfère « faire confiance », dans l'espoir de détourner la catastrophe de ses biens : il va jusqu'à tendre les allumettes. L'obsession de la quête identitaire  fait écho à celle du dialogue impossible (Montauk, 1976), se charge de symbolisme dans L'homme apparaît au quaternaire (1979) ou se déroule au rythme du récit policier dans Barbe-Bleue (1982). Sa correspondance erratique avec Dürrenmatt (parue en 1999) résume un demi-siècle d'engagement et révèle l'humaine rivalité qui opposait les deux auteurs suisses.