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Ugo Foscolo

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain italien (Zante, îles Ioniennes, 1778 – Turnham Green, près de Londres, 1827).

Personnalité romantique, il a évoqué ses passions politiques et amoureuses dans les Dernières Lettres de Jacopo Ortis (1802 et 1816), roman autobiographique sous forme de journal épistolaire (inspiré du Werther de Goethe). Il y retrace les tourments et le suicide d'un jeune héros, Jacopo, déchiré par une passion malheureuse et accablé par la servitude de sa patrie, Venise. Au fil du roman, le thème amoureux s'estompe pour fournir l'occasion de véritables réflexions d'ordre socio-politique sur la situation politique italienne de l'époque. Et même si son roman contient déjà les ingrédients des courants politiques et littéraires (préromantiques) modernes, Foscolo emprunte la voie poétique pour résoudre ses problèmes existentiels et s'affirmer. Alors que ses Odes (À Luigia Pallavicini tombée de cheval, 1799 ; À l'amie guérie, 1802) apparaissent comme la tentative de reconstruire un monde idéal où règne le Beau, nourrie de mythologie et de culture classique, ses Sonnets affleurent de nouveau, avec plus de maturité, l'Histoire et la réalité, oscillant entre une sensualité alexandrine et le patriotisme héroïque de l'ode À Bonaparte libérateur (1797). Son poème en vers Tombeaux (1807) constitue le véritable dépassement idéologique de Jacopo Ortis. S'élevant contre le décret de Saint-Cloud interdisant d'édifier des tombes dans les églises et les chapelles privées, l'auteur y exalte le culte des morts et la mémoire des grands hommes, que perpétuent les tombeaux. Ainsi, le renoncement à l'action laisse place à l'espoir d'une Italie qui pourra renaître grâce à l'exemple de son passé. Véritables hymnes aux traditions historiques et mythologiques, le poème inachevé des Grâces (entrepris en 1813) poursuit, sous l'influence de Canova, un idéal néoclassique de perfection plastique et de sérénité. Il se compose de trois hymnes disparates consacrés à Vénus, à Vesta et à Pallas, et situés, respectivement, en Grèce, à Florence et en Atlantide, et qui mêlent l'autobiographie, l'érudition néoclassique et l'histoire contemporaine. Il écrit aussi plusieurs tragédies, d'inspiration alfiérienne (Thyeste, 1797 ; Ajax, 1811 ; Ricciarda, 1813), et plusieurs essais critiques, consacrés à la littérature italienne classique et contemporaine, dont l'érudition égale la modernité : De l'origine et de la fonction de la littérature (extrait de son discours inaugural de 1809 à l'université de Pavie), Essai sur la littérature italienne dans les premières vingt années du dix-neuvième siècle (1818) ; Essai sur Pétrarque (1821) ; Discours sur la « Divine Comédie » (1825). Si ses traductions d'Homère (Expériences de traduction de l'Iliade, 1807) et de Catulle (la Chevelure de Bérénice, 1803) prolongent son activité de philologue et de poète, l'étude et la traduction (1813) du Voyage sentimental de Sterne transparaissent aussi bien à travers l'ironie de l'autoportrait esquissé dans les Nouvelles autour de Didimo Chierico (1813) qu'à travers l'humour de ses chroniques de la haute société londonienne (Lettres écrites d'Angleterre, 1816).