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Edward Morgan Forster

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain anglais (Londres 1879 – Coventry 1970).

Issu d'une famille liée à Wilberforce, agnostique, anticlérical, proche de Bloomsbury, il chante discrètement la beauté et le désir. Il se livre à une critique du philistinisme, de la tristesse et des mutilations du cœur (Où les anges n'osent marcher, 1905) puis de la fidélité contrainte dans le mariage (le Plus Long Voyage, 1907). Chambre avec vue (1908) oppose la douceur de vivre des pays méditerranéens au puritanisme et à l'austérité de la société britannique. Retour à Howard's End (1910) confronte une nouvelle fois la liberté et la tolérance des intellectuels progressistes à l'étroitesse d'esprit et aux préjugés bourgeois de la moralité victorienne, dont le carcan paraît insupportable en ce début du xxe siècle. Forster y exprime l'aristocratie naturelle des audacieux et des attentionnés ; l'héroïne, Margaret Schlegel, a pour devise « Only connect », qui résume l'utopie relationnelle de l'auteur. Avec Maurice (1914, publié à titre posthume en 1971), il réclame le droit au bonheur homosexuel. La Route des Indes (1924), son chef-d'œuvre, balaye l'héritage colonialiste du xixe siècle et souligne le gouffre qui sépare les cultures malgré la bonne volonté de quelques individus malheureusement isolés. Proche de Bloomsbury, Forster opte cependant pour une fiction traditionnelle dans sa forme. À 33 ans, son œuvre est pratiquement achevée, mais il interviendra comme critique pour la complexité romanesque (Aspects du roman, 1927) et, durant la guerre à la radio, contre la barbarie (Deux Bravos pour la démocratie). En 1951, il rédige pour le compositeur anglais Benjamin Britten le livret de l'opéra Billy Budd, d'après la nouvelle de Herman Melville. Dans les années 1980, les adaptations cinématographiques de David Lean et de James Ivory ont beaucoup fait pour la popularité de E. M. Forster auprès du grand public.