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Flamenca

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Ce roman occitan (vers 1235-1250) de 8 095 vers a probablement été écrit par un clerc du Rouergue attaché à la famille de Roquefeuil. Il est conservé dans un seul manuscrit dont la fin manque. Reprenant le motif du castiagilos (la punition du jaloux), le roman met en scène une héroïne, Flamenca, victime de la jalousie immotivée de son mari. Enfermée par le jaloux, elle parvient à se libérer grâce aux ruses du chevalier Guillaume, qui s'est fait clerc pour pouvoir approcher celle qu'il a aimée « de loin », et elle retrouve la confiance de son mari au moment où elle s'est engagée dans cette liaison. Ce roman très audacieux donne forme narrative à des motifs clés de l'érotique des troubadours comme l'« amour de loin », le motif de la « mal-mariée », l'exaltation de l'adultère, la punition du « jaloux ». Les péripéties qui retardent l'union des amants (ils échangent un mot à l'église chaque dimanche et chaque jour de fête) sont surtout le prétexte à de longs monologues et débats qui développent une très subtile casuistique du sentiment amoureux. La morale de l'histoire est que l'amour doit être source d'épanouissement pour l'homme comme pour la femme et d'harmonie pour la société. Flamenca devient à la fois une femme et une amante comblées. Le mari, guéri de sa folie furieuse, retrouve sa place dans la société courtoise tandis que le pseudo-clerc amant reprend sa carrière de chevalier. Ce chef-d'œuvre très isolé du roman en langue d'oc ouvre la voie à la fois au conte galant et au roman psychologique.