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Sergueï Aleksandrovitch Essenine

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète russe (Konstantinovo 1895 – Moscou 1925).

Avec Kliouev, c'est le seul poète de sa génération qui ne soit pas citadin : il est né en effet au sein d'une famille paysanne, dans un village des environs de Riazan. Après des études d'instituteur, il part pour Moscou, puis Petrograd, et fréquente des poètes, Kliouev en particulier. Son premier recueil est publié en 1916 : Radounitsa chante son amour et son inquiétude pour la Russie rurale. Il accueille favorablement, mais du côté des paysans, la révolution d'Octobre, pensant qu'elle peut recréer le paradis perdu de la Russie patriarcale (Inonia, 1918). Son enthousiasme retombe au moment de la NEP et il se lance dans la vie de bohème, boit, provoque, mais reste un grand poète, qui proclame dans sa Confession d'un voyou (1920) :

« Dans les ténèbres il me plaît d'illuminer

L'automne sans feuillage de vos âmes. »

C'est l'époque de sa liaison avec Isadora Duncan ; ensemble, ils voyagent en Europe et aux États-Unis. Au retour, Essenine dresse un constat amer sur lui-même et sur son pays, dans Moscou des cabarets (1921-1924). Il décide cependant, conscient qu'il est impossible de revenir en arrière, de s'adapter à la Russie soviétique, et chante la geste révolutionnaire dans la Ballade des vingt-six (1924) ou Anna Sneguina (1925), long poème sur la révolution au village. Il trouve un style épuré qui fait la beauté de ses derniers poèmes, comme la célèbre Lettre à ma mère. Une nouvelle fois, il fuit en parcourant le Caucase (Motifs persans, 1925), mais, tourmenté par l'angoisse et victime d'hallucinations qu'il évoque de manière frappante dans l'Homme noir (1925), il se pend.