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Erckmann-Chatrian

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Signature de deux écrivains français d'Alsace, Émile Erckmann (Phalsbourg 1822 – Lunéville 1899) et Alexandre Chatrian (Abreschviller 1826 – Villemomble 1890).

De 1848 à 1887, leur abondante production leur valut nombre de succès de librairie. Ils ont eux-mêmes regroupé leurs romans en plusieurs recueils. Les Romans nationaux forment une vaste fresque retraçant les campagnes de la République et de l'Empire vues par le petit peuple alsacien : l'Invasion ou le Fou Yegof (1862), Madame Thérèse (1863), Histoire d'un conscrit de 1813 (1864), Waterloo (1865), Histoire d'un paysan (1868-1870), qui surprennent par leur antimilitarisme et leur refus du mythe napoléonien, mêlé cependant à un patriotisme très sensible. L'Ami Fritz (1864) est le plus connu des Contes et Romans populaires (1867) : racontant l'amour naissant de Fritz Kobus, célibataire endurci, pour une jeune paysanne, le roman repose sur un habile mélange – peinture réaliste de la vieille Alsace et naïveté du conte – qui fit son succès. Après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne (1871), la popularité des deux hommes s'accrut encore avec les adaptations théâtrales de leurs œuvres par Chatrian (l'Ami Fritz, 1876 ; les Rantzau, 1882), malgré l'interdiction par J. Ferry des Fiancés d'Alsace (1880). En 1887, les deux écrivains, séparés par leurs divergences politiques (Chatrian, « revanchard », s'oriente vers les partis conservateurs) et par des questions d'argent, cessèrent toute collaboration.