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Thomas Stearns Eliot

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète anglais d'origine américaine (Saint Louis, Missouri, 1888 – Londres 1965).

Harvard, la Sorbonne, Oxford ; philosophie, psychologie, sanskrit, pali : dès son émigration, Eliot cherche une autre image de civilisation, un mythe vivant. À l'ombre de Laforgue (le Chant d'amour d'Alfred J. Prufrock, 1911), il dit la dévitalisation de l'homme des foules et la dérision d'une androgynie caricaturale. Ses essais (le Bois sacré, 1920) prônent le retour au lyrisme dramatique des élisabéthains et des « métaphysiques ». La Terre Gaste (1922) évoque le gel intérieur et la sécheresse spirituelle de la cité contemporaine, la dissolution des valeurs dont peut surgir le sursaut. Tenté par le fascisme naissant, Eliot raidit ses positions ; anglo-catholique, royaliste, partisan des rigueurs classiques, il revient aux extases désespérées (Mercredi des Cendres, 1930) . Quatre Quatuors (1935-1942) tentent la libération par l'adhésion au passé et à la tradition, à travers les quatre saisons du désespoir moderne : le jardin évanoui (Burnt Norton, 1935) ; le sentier de campagne (East Coker, 1941) ; la plage aux débris (les Dry Salvages, 1941) ; la guerre (Little Gidding, 1942). Sa tragédie lyrique, Meurtre dans la cathédrale (1935), célèbre le martyr d'une foi sans compromission et l'opposition entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel (Anouil s'intéressera au même sujet dans Becket ou l'honneur de Dieu). La Réunion de famille (1939), la Cocktail Party (1950) soumettent, avec moins de bonheur, la croyance à l'épreuve de la vie quotidienne, familiale et bourgeoise. Éditeur influent, excellent traducteur et introducteur de Saint-John Perse dans les pays anglo-saxons, collaborateur de The Egoist, fondateur de Criterion, prix Nobel en 1948, Eliot exerça une influence idéologique et critique considérable (Usage de la poésie, Usage de la critique, 1933 ; l'Idée d'une société chrétienne, 1939 ; Poésie et Théâtre, 1951). Son œuvre poétique demeure l'un des témoignages les plus vrais du désespoir de notre temps, même si l'ordre et la foi, censés y porter remède, n'emportent plus guère l'adhésion.