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Alfred Döblin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain allemand (Stettin 1878 – Emmendingen 1957).

Après des études de médecine, il mène parallèlement une carrière de praticien et d'écrivain, d'abord proche de l'expressionnisme, cofondateur et collaborateur de la revue Der Sturm. En novembre 1918, il prend le parti de la gauche révolutionnaire, puis rejoint dans les années 1920 la social-démocratie. Ses tentatives pour parvenir, à travers des « tâtonnements en forme de romans », à la peinture des masses aboutissent en 1929 à la publication d'une œuvre majeure, Berlin, Alexanderplatz, grand roman sur la jungle des villes, projection des multiples aspects du Berlin des années 1920 et de son centre nerveux, l'Alexanderplatz. Novatrice dans son écriture et sa technique, l'œuvre de Döblin fait parfois penser à Joyce (monologues intérieurs, flux de l'inconscient) et à Dos Passos (montage d'actions entrecroisées). Elle est cependant toujours centrée sur son personnage principale, Franz Biberkopf, ancien prisonnier cherchant à s'amender, mais bientôt happé de nouveau par le monde des souteneurs et des truands. La stricte chronologie assure l'unité d'un récit constamment entrecoupé par les réflexions du narrateur et bâti sur des procédés (emprunts au style lyrique, biblique, journalistique, populaire et dialectal) dont l'éclatement reflète le chaos intérieur du personnage et de la ville. En 1933, les œuvres de Döblin sont interdites. Celui-ci émigre à Paris. Naturalisé français en 1936, il travaille au ministère de l'Information sous la direction de Giraudoux. Dans Voyage babylonien (1934), Pas de pardon (1935) et le Tigre bleu (1937), il donne cependant à son expérience personnelle de l'Allemagne au tournant du siècle, sous la république de Weimar et sous le nazisme, et à celle de son émigration une dimension mythique. Après la débâcle commence un nouvel exil (New York, Los Angeles), doublé d'une grave crise intérieure qui le conduit à se convertir à un catholicisme mystique en 1941. En 1945, le gouvernement militaire français lui attribue un poste dans l'administration de sa zone d'occupation à Berlin, mais Döblin ne se sent plus chez lui dans l'Allemagne d'après-guerre. Il meurt malade et oublié d'un public indifférent aux thèses religieuses et morales développées dans son dernier roman, Hamlet ou la longue nuit prend fin (1956).