En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Abu Uthman Amr ibn Bahr al-Djahiz

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain arabe (Basra v. 776 – id. 868 ou 869).

Personnage à la plume vive et intelligente, sachant user de l'ironie et de l'humour, il aura marqué durablement les lettres, sinon la culture, arabes médiévales. Il acquiert sa formation auprès des maîtres de Basra, à laquelle il ajoute sa propre curiosité, qu'il cultive sur l'esplanade aux chameaux et, plus sérieusement peut-être, en passant ses nuits, rapporte la tradition, dans l'échoppe d'un libraire, lisant sur place les textes qu'il ne peut acheter. Sur plus de deux cent cinquante écrits de sa composition, seule une cinquantaine nous est parvenue, constituée essentiellement d'épîtres, sur les sujets les plus divers, et de quelques ouvrages de plus grande ampleur, comme le Kitab al-bukhala' et, surtout, le Bayan wa-t-tabyin et le Kitab al-hayawan. L'analyse théorique et la narration y occupent une place de choix. La notion de secret, par exemple, à laquelle il a consacré une de ses épîtres, est analysée en termes de motivations (devoir, avantage, plaisir ou déplaisir de parler, lui associant en ce cas le fameux poids du secret), mais aussi en termes d'informations, lorsqu'il tente de déterminer la nature de l'objet dissimulé. Inversement, le Kitab al-bukhala' (un livre-épître en réalité) est une somme d'anecdotes, comme l'indique son titre, centré sur l'avarice et les avares : les variations narratives sur un thème unique permettent, ici, d'un point de vue pratique, de mieux en fixer limites et enjeux. Dans le Bayan, livre dédié à l'éloquence, al-Djahiz tente, comme fondement à son étude, de répertorier les différents moyens de produire du sens : la parole, le geste, la nusba (pilier), le comput digital, l'écriture. Une systématique d'actualité, dont le point culminant est probablement cette nusba qui permet à n'importe quel objet, par sa position, sa nature, son mouvement (s'il en possède un), etc., de transmettre de l'information, et d'exprimer également du sens. Quant au Kitab al-hayawan (Livre des animaux), dérivé de l'Histoire des animaux d'Aristote, c'est là une véritable encyclopédie du savoir djahizien.