En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Philip Kindred Dick

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain américain (Chicago 1928 – Santa Anna, Californie, 1982).

Vivant en Californie depuis son enfance, il suivit des cours de philosophie à l'université de Berkeley avant d'exercer divers métiers en rapport avec sa passion de la musique. Sa vie affective n'est pas sans laisser de traces dans une œuvre qui vécut au rythme de dépressions et d'exaltations successives : trois de ses cinq femmes l'ont quitté en emportant l'enfant qu'elles avaient eu chacune avec lui, et ces abandons, associés à l'abus de drogues (amphétamines et L.S.D.), provoquèrent plusieurs tentatives de suicide et de longues périodes de silence. Ses premières nouvelles de science-fiction datent de 1952. Son premier roman, Loterie solaire (1955), l'inscrit parmi les héritiers de Van Vogt. Suivront, entre 1952 et 1959, une centaine de nouvelles et sept romans dont l'Œil dans le ciel (1957) et le Temps désarticulé (1959). C'est entre 1962 et 1970 qu'il connaît sa période la plus féconde (le Maître du Haut-Château, 1962 ; Glissement de temps sur Mars, 1963 ; le Dieu venu du Centaure, 1964 ; Simulacres, 1964 ; la Vérité avant-dernière, 1964 ; les Clans de la lune Alphane, 1964 ; Docteur Bloodmoney, 1965 ; En attendant l'année dernière, 1966 ; Robot blues, 1968 ; Ubik, 1969 ; Au bout du labyrinthe, 1970). Ses romans opèrent le plus souvent une mise en doute radicale de la réalité à travers une technique de la confusion généralisée, qui plonge le lecteur dans un désagréable sentiment d'instabilité. Au départ, des situations sociales oppressantes, inscrites dans un futur proche dont la vocation capitaliste et les tentations policières se renforcent pour parachever la robotisation des êtres humains ; mais la perspective d'un renouveau et d'une émancipation est toujours présente, et, dans un second temps, à la faveur d'un catalyseur variable (drogue, accident, folie), émerge une réalité alternative définie par sa mobilité, ses connexions libres et la restauration du désir en tant que force motrice de la société, celle-ci entrant alors en conflit avec la réalité et le pouvoir officiels. Cette réalité alternative introduit une part nécessaire de désordre dans l'univers et finit par l'emporter sur les forces paranoïaque et mortifère de l'ordre. Après 1974, l'œuvre de Philip K. Dick acquiert une importante dimension mystique, notamment dans la trilogie divine, SIVA (1980), l'Invasion divine (1982) et la Transmigration de Timothy Archer (1982).