En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Bonaventure Des Périers

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Arnay-le-Duc v. 1500 – v. 1543).

Valet de chambre de Marguerite de Navarre, il fréquente réformés et humanistes (il prend la défense de la traduction des Psaumes de Marot, aide Dolet à corriger ses Commentarii linguae latinae, collabore à la traduction par Olivétan du texte hébreu de la Bible). Traducteur et commentateur de Platon, de Térence et d'Horace, il exerce son ironie et sa verve anticonformiste dans la Prognostication des prognostications (1537), pamphlet contre la divination et la propension des hommes à sacrifier aux valeurs mondaines.

Le Cymbalum mundi (1537), qui lui est attribué, est un ouvrage ironique et pessimiste, stigmatisant l'anarchie morale régnant sur le monde. En quatre dialogues, il brosse une satire allégorique des croyances humaines qui, pour l'homme raisonnable, importent aussi peu qu'un bruit de cymbales. Le livre, adressé par Thomas Du Clénier (anagramme d'incrédule) à Pierre Troycan (anagramme de croyant), suscita la colère de François Ier et fut l'objet des critiques des catholiques comme de Calvin. De fait, on hésite encore sur le sens de cet ouvrage : est-il impie ou orthodoxe ? Se moque-t-il des théologiens de la Sorbonne ou de certains évangéliques ?

Les Nouvelles Récréations et joyeux devis (1558), recueil de nouvelles publié en 1558 et dont la paternité, naguère discutée, est aujourd'hui attribuée à Bonaventure des Périers, s'inscrivent dans la tradition des fabliaux et inspireront plusieurs contes de La Fontaine. Son originalité au sein de la production narrative de l'époque tient à la structure interne des « nouvelles » (dans lesquelles l'élément narratif est loin d'être toujours dominant) et aux liens de complicité que l'auteur ne cesse, au fil de son texte, d'entretenir avec son lecteur. L'ouvrage représente l'une des rares illustrations, dans le domaine français, du genre de la facetia humaniste, « inventée » au xve s. en Italie par le Pogge.