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Charles Darwin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Naturaliste anglais (Shrewsbury, Shropshire, 1809 – Down, Kent, 1882).

Il alterne les récits de voyage (Zoologie du voyage du « Beagle », 1840-1843), les recherches techniques (Récifs de corail, 1842 ; la Fécondation des orchidées, 1862) et la méditation sur les espèces (l'Origine des espèces, 1859 ; la Descendance de l'homme et la sélection naturelle, 1871). Avec Darwin, bien des thèmes  « littéraires » courants depuis la fin du xviiie siècle trouvent leur « confirmation scientifique », malgré la résistance acharnée des religieux et des savants traditionnels. L'« évolution », la « sélection naturelle », la « lutte pour la vie » vont cautionner le réalisme déjà florissant (G. Eliot, Dickens) et l'infléchir vers le naturalisme, confirmant les soupçons des romantiques anglais sur « Mère Nature » : le paria romantique devient l'inadapté social, et le désert d'hommes, la cité-jungle ; la tragédie pénètre le quotidien. Les poètes victoriens (Tennyson, Browning) s'efforceront de croire au progrès naturel et à l'hominisation de la bête humaine. Au contraire, le néofatalisme (Hardy) dira la guerre des sexes, l'impuissance des individus et l'absurdité de l'Histoire. Sur fond de faillite sociale, le pessimisme hédoniste de Meredith apportera une conclusion provisoire (« Dieu est mort » ; « Nature est cruelle » ; « Vivons ») préparant la génération tentée par la surhumanité nietzschéenne (Shaw, Wells, Butler), jusqu'à ce que le freudisme prenne le relais comme « réalisme ennemi de toute consolation ». La littérature fantastique, elle, continuera (de Stevenson à Golding) à décrire les résurgences de la Bête, tandis que la science-fiction, reprenant les espoirs et les cauchemars victoriens, évoquera des cités organiques de plus en plus totalitaires.