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Gabriele D'Annunzio

Gabriele D'Annunzio
Gabriele D'Annunzio

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain italien (Pescare 1863 – Gardone Riviera, Brescia, 1938).

Donjuanisme, performances sportives et exploits militaires n'ont cessé d'alimenter le mythe du personnage, transformé sous le fascisme en héros national. Au-delà des polémiques idéologiques qu'elle a suscitées, son œuvre multiforme a profondément influencé la littérature italienne et la sensibilité européenne du début du xxe s. Une exceptionnelle virtuosité imitative explique la précocité de sa carrière poétique, inaugurée sous le signe de Carducci (Premier Printemps et Chant nouveau, 1879-1881) et poursuivie sous l'influence des parnassiens et des préraphaélites (Iseut et la Chimère, 1890). Un même mimétisme marque ses débuts romanesques. L'Enfant de volupté (1889) emprunte au Huysmans d'À rebours l'idéal d'une vie conçue comme une œuvre d'art, tandis que Episcopo et cie (1891), confession romancée d'un criminel, doit beaucoup à Dostoïevski. Il s'inspire de Wagner et de Nietzsche dans l'Invincible (1890) et Triomphe de la mort (1894), transpositions romanesques de ses amours avec Barbara Leoni, où s'esquisse la double évolution de ses œuvres ultérieures, d'une part, vers une écriture d'un lyrisme de plus en plus raffiné et, d'autre part, vers la célébration du mythe nietzschéen du surhomme. Le Poème paradisiaque (1893) et le roman l'Innocent (1892), au registre plus intime, ne représentent à cet égard qu'une parenthèse dans l'itinéraire formel et intellectuel que jalonnent les Vierges des rochers (1895) et surtout le Feu (1900). Dans ce dernier roman, D'Annunzio exalte sa passion pour la tragédienne Eleonora Duse, qui suscitera en lui une féconde vocation théâtrale : la Ville morte, 1898 ; Francesca da Rimini, 1902 ; tragédie historique qui ouvre le cycle du théâtre en vers, auquel se rattachent les deux mythes pastoraux des Abruzzes ; la Fille de Jorio, 1904 ; et la Torche sous le boisseau, 1905 ; dont l'inspiration renoue avec le vérisme des Nouvelles de la Pescara (1902). D'Annunzio a également écrit des livrets d'opéra : Phèdre (1909), le Martyre de saint Sébastien (1911), sorte de pastiche médiéval en français, sur une musique de Debussy, Parisina (1913). En 1899, D'Annunzio publie quelques fragments de son chef-d'œuvre poétique, Louanges du ciel de la mer de la terre et des héros, dont seuls les cinq premiers livres ont vu le jour : Maya, (1903), Électre (1904), Alcyone (1904), suite de méditations lyriques alliant le faste mythologique à la ferveur du souvenir pour célébrer la mer et l'été, la campagne et les rivages toscans, Mérope (les Chansons de geste d'outremer, 1911-1912, consacrées à la campagne de Libye) et Astérope (Chants de la guerre latine, 1933). Proclamé héros national au lendemain du rattachement à l'Italie de Fiume (qu'il avait occupée en septembre 1919), il a droit de son vivant à un musée : sa luxueuse demeure « il Vittoriale degli Italiani ». En 1926, le régime fasciste fonde un Institut national pour l'édition de ses œuvres complètes. Au moment même où sa gloire tapageuse accaparait l'attention, D'Annunzio s'abandonnait à une inspiration plus recueillie, faite de souvenirs et de sensations, dans une prose subtile jusqu'à l'impressionnisme : Peut-être que oui, peut-être que non (1910), sans doute son chef-d'œuvre romanesque, Contemplation de la mort (1912), la Léda sans cygne (1916), Nocturne (1921), œuvres auxquelles il faut ajouter les différents recueils d'un monumental journal intime : Étincelles du maillet (1924-1928), Cent et cent et cent et cent pages du livre secret de Gabriel D'Annunzio, tenté de mourir (1935).