En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Georges Moinaux, dit Georges Courteline

Georges Courteline en 1896
Georges Courteline en 1896

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Auteur dramatique et romancier français (Tours 1858 – Paris 1929).

Après des études sans éclat et l'ennui du service militaire, Courteline voit très tôt ruinées, en même temps que sa revue Paris-Moderne (1881), ses ambitions poétiques. Il s'engage alors dans la double carrière – inaugurée par son père, l'humoriste Jules Moinaux – de « rond-de-cuir » (1880-1894) et, jusqu'en 1896, de chroniqueur satirique dans la presse (l'Écho de Paris notamment). Doté d'un talent d'observation remarquable, il sait croquer ses contemporains avec humour et vivacité dans des dialogues, des récits, de courtes saynètes irrésistibles de drôlerie, s'en prenant de manière privilégiée aux absurdités de la vie de caserne (les Gaietés de l'escadron, 1886 ; le Train de 8 h 47, 1888 ; Lidoire, 1891), et à la paresse et aux rigidités de ses collègues du ministère des Cultes (Messieurs les ronds-de-cuir, 1893). La théâtralité de ses chroniques et de ses récits, la place essentielle qu'il fait au dialogue, le portent insensiblement vers le théâtre au gré de commandes diverses. En 1891 et en 1893, il adapte pour le Théâtre-Libre d'Antoine deux récits, Lidoire et Boubouroche, ses premiers succès à la scène, modèles de comédies « gaies », mais aussi comédies réalistes, comédies « rosses », où se trouvent brocardées la bêtise comme la méchanceté du petit-bourgeois. Il va ainsi exceller dans la satire théâtrale, principalement avec des pièces en un acte (« un acte, un seul acte, voilà ma mesure au théâtre », disait-il), où il s'en prend à l'humanité médiocre des fonctionnaires (Monsieur Badin, 1897), des employés, des petits rentiers, et à l'absurdité des persécutions quotidiennes, conjugales (la Paix chez soi, 1903 ; la Peur des coups, 1903), administratives et judiciaires (Le gendarme est sans pitié, 1899 ; Le commissaire est bon enfant, 1899 ; l'Article 330, 1900).

Héritier dans une certaine mesure du réalisme et du comique de caractère de Molière, il revendique plus ouvertement une telle filiation en composant en 1905 un pastiche en vers, intitulé la Conversion d'Alceste, où le malheureux misanthrope, supposé avoir renoncé à sa retraite, se trouve pris dans le cauchemar du monde de Philinte et de Célimène ; ce divertissement, inscrit à la Comédie-Française en 1905, témoigne de la reconnaissance accordée par l'institution à Courteline, qui abandonne pourtant la création littéraire après avoir publié un roman de mœurs (les Linottes 1912) et un ouvrage de réflexion (Philosophie de Georges Courteline, 1917). Il travaillera ensuite, loin des scènes de théâtre, à l'établissement et à la correction de ses œuvres complètes.