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Raúl Damonte, dit Copi

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Dessinateur, humoriste, romancier et auteur dramatique argentin d'expression espagnole et française (Buenos Aires 1939 – Paris 1987).

Après une enfance passée à Buenos Aires, il part pour l'Uruguay puis pour la France, sa famille ayant choisi l'exil lors de l'avènement de Perón en 1945. En 1955, il rentre avec les siens en Argentine où, signant Copi (« petit poulet », surnom que lui donnait sa grand-mère), il publie ses premiers dessins et monte ses premières pièces (El general Podor ; Un angel para la signora Lisca). En 1962, il s'établit à Paris, où il se fait d'abord un nom comme dessinateur humoriste avec sa célèbre « Femme assise » qui paraît au Nouvel Observateur de 1964 jusqu'au début des années 1970. Ses nombreux albums (Humour secret, 1965 ; Et moi, pourquoi j'ai pas une banane, 1975 ; les Vieilles Putes, 1977 ; Kang, 1984) témoignent, dans la simplicité répétitive de leurs petits dialogues dessinés, de son sens de la poésie et de l'absurde, et de sa capacité à mettre en scène dans le rire les hypocrisies et les non-dits contemporains. La théâtralité de son œuvre graphique, ses talents de comédien et son goût de la scène – il fut son propre interprète dans Loretta song (1974) et le Frigo (1983) – se retrouvent dans une écriture théâtrale particulièrement efficace et irrévérencieuse, où il s'illustre indifféremment en espagnol argentin (l'Ombre de Venceslao, 1977 ; Cachafaz, 1993) et en français (la Journée d'une rêveuse, 1968 ; Eva Perón, 1969 ; les Quatre Jumelles, 1973 ; la Nuit de Madame Lucienne, 1985). Ses pièces les plus célèbres, l'Homosexuel ou la Difficulté de s'exprimer (1971) et la Visite inopportune (1987), d'un humour noir ravageur, empruntent à Artaud leur violence sans concession et à Genet leurs jeux de théâtralisation exacerbés : dans la première, Copi subvertit des formes vaudevillesques en jouant violemment avec les vertiges de l'identité sexuelle ; dans la seconde, alors qu'il est déjà très malade du sida, il met en scène sa propre mort, à travers la comédie grotesque des vivants qui défilent au chevet du lit d'hôpital d'un acteur homosexuel, parmi lesquels la mort incarnée sous les traits dérisoires d'une cantatrice hystérique. Les mises en scène de Jorge Lavelli, Alfredo Arias et, plus récemment, de Philippe Adrien ou de Jean-Michel Rabeux ont contribué au succès de son théâtre. Le talent protéiforme de Copi s'est également illustré dans la nouvelle (Virginia Woolf a encore frappé, 1983) et le roman (le Bal des folles, 1973 ; La vie est un tango, 1979 ; la Guerre des Pédés, 1982 ; l'Internationale argentine, 1988).