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Philippe de Commynes

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Chroniqueur français (Renescure 1447 – Argenton 1511).

D'abord conseiller de Charles le Téméraire, il quitta son service pour celui du roi de France Louis XI, trahison qu'il minimisa. En échange, il fut comblé d'honneurs, de biens et, par son mariage, acquit la seigneurie d'Argenton. Ministre tout-puissant, il connut par la suite une défaveur qui finit par le reléguer loin des affaires politiques jusqu'à sa mort. Il est l'auteur des Mémoires qui devaient servir à l'archevêque de Vienne pour composer en latin une œuvre sur Louis XI. Mais il saisit l'occasion pour y justifier ses choix et entamer une réflexion politique, créant le genre des Mémoires historiques, dans une prose sèche, souvent digressive, mais précise et nuancée. Dictés de 1489 à 1498, les six premiers livres sont consacrés au règne de Louis XI, les deux autres racontent l'expédition de Charles VIII en Italie. Dans les deux cas, le point de vue est celui du « je » acteur et observateur. Commynes a été mêlé aux événements et un dosage subtil se fait entre les souvenirs authentiques, le déguisement de la vérité pour des raisons personnelles et un effort d'analyse objective. Il porte un jugement sévère sur le duc de Bourgogne, esprit héroïque plein de folles illusions qui l'ont conduit au désastre. Plus nuancé sur le roi de France, il en souligne souvent l'aspect médiocre et mesquin et les phobies. De ses observations, Commynes tire des préceptes politiques, conseillant de surveiller étroitement les princes, démontrant que la politique est affaire d'intelligence et non d'héroïsme ou de prouesse. Il en profite pour dénoncer la comédie de la cour et prouver que, pour un prince, un bon conseiller est un atout essentiel. Homme de bilan et de réflexion, ce mémorialiste est déjà un moraliste dont la pensée dépasse le cadre historique, dont la philosophie bouscule les mythes gouvernant encore les conduites morales et politiques des grands de ce monde. Pour Commynes, Dieu reste le seul maître et le seul recours dans un monde dont la noirceur est à dessein accentuée.