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Jean Cocteau

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain et cinéaste français (Maisons-Laffitte 1889 – Milly-la-Forêt 1963).

D'abord attiré par la société aristocratique, il publie le Prince frivole (1910). Il se tourne ensuite vers les dadaïstes, avec lesquels il organise des spectacles de choc (Parade, 1917 ; le Bœuf sur le toit, 1920 ; les Mariés de la tour Eiffel, 1924). Mais Cocteau devient suspect pour être de toutes les avant-gardes et de toutes les évasions (« le Paganini du violon d'Ingres »). L'instabilité le brûle. Du feu d'artifice de la prime jeunesse (Plain-Chant, 1923) aux interrogations de la maturité (Allégorie, 1941 ; la Crucifixion, 1946 ; Clair-Obscur, 1955 ; Requiem, 1962), c'est une même « difficulté d'être » (mot de Fontenelle que Cocteau reprend comme titre d'un essai autobiographique en 1947). Comme il le dit, s'il saute sans cesse d'une branche à l'autre, c'est toujours dans le même arbre. Il publie des romans (le Potomak, 1919), dont la poésie n'est jamais exclue. Le Grand Écart (1923), Thomas l'Imposteur (1923) et les Enfants terribles (1929) lui assurent la notoriété. Le théâtre (la Machine infernale, 1932 ; les Parents terribles, 1938 ; la Machine à écrire, 1941 ; l'Aigle à deux têtes, 1946) et le cinéma (le Sang d'un poète, 1930 ; l'Éternel Retour, 1944 ; la Belle et la Bête, 1946 ; Orphée, 1949 ; le Testament d'Orphée, 1959) lui vaudront la gloire. Il fut aussi illustrateur, créateur de costumes de ballet et décora des chapelles à Villefranche-sur-Mer, à Fréjus et à Milly-la-Forêt. Son génie est, somme toute, classique : derrière la mondanité et le jeu des mots se profilent l'inquiétude, la douleur et la fatalité qu'avouent parfois des textes comme le Secret professionnel (1922), le Journal d'un inconnu (1953), le Cordon ombilical (1961) ou son journal le Passé défini, publié entre 1983 et 1989. Cocteau éclaire une époque, en lui donnant, avec le goût de la liberté, l'occasion de regarder sans cesse « ailleurs ». Son élection à l'Académie française en 1955 et la publication de ses œuvres dans « La Pléiade » en 1999 apparaissent comme une réponse à l'injonction de Diaghilev en 1913 : « Étonne-moi ! »