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Jules Husson, dit Fleury, puis Champfleury

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Laon 1821 – Sèvres 1889).

Fils de petits boutiquiers laonnais, il fréquente très vite les milieux de la bohème parisienne, et notamment Baudelaire dont il devient l'ami. Quasi autodidacte, il publie à partir de 1845 des nouvelles ironiques (Chien-Caillou, Pauvre Trompette, Feu Miette), au style dépouillé, qui jouent souvent avec brio de la caricature et seront louées par Hugo et Courbet – qui le proclament « réaliste ». Un « mouvement » est né, tant pictural que littéraire, que la presse s'empresse de pourfendre en le traitant d'« école du laid » et que l'écrivain défendra en 1857 dans le Réalisme. Hanté par Balzac, passionné de daguerréotypie, Champfleury professe de fait un réalisme « limité » : « ce que je vois entre dans ma tête, descend dans ma plume, et devient ce que j'ai vu ». Parmi ses nombreux romans, qui ont presque tous pour cadre sa ville natale, se détachent les Souffrances du Professeur Delteil (1853) et les Bourgeois de Molinchart (1854), satires féroces de la vie bourgeoise qui lui valent les foudres des autorités. La publication de Madame Bovary en 1856 sera l'occasion d'une scission entre les partisans radicaux de l'écrivain, qui réclament une littérature populaire à la langue brute, et un Flaubert, qui affirme avoir voulu montrer que « les tristesses bourgeoises et les sentiments médiocres peuvent supporter la belle langue ». Peu séduit par le naturalisme, l'écrivain s'éloignera dès lors progressivement de la fiction pour se cantonner à de brillants travaux d'érudition.