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Konstandínos Kaváfis, dit Constantin Cavafy

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète grec (Alexandrie 1863 – id. 1933).

D'une famille phanariote de Constantinople venue s'installer à Alexandrie en 1850, Cavafis passa son enfance dans cette ville ; après la mort de son père (1870), les Cavafis émigrèrent en Angleterre où ils restèrent jusqu'en 1880. En 1885, la famille se fixa définitivement à Alexandrie, que Cavafis ne quitta plus que pour quelques brefs voyages à Londres, à Paris ou à Athènes. Il fut, trente ans durant, un employé modèle au ministère des Travaux publics, alors contrôlé par les Anglais. L'essentiel de sa vie est à chercher dans une œuvre qui, d'abord incomprise et méconnue, devint bientôt l'objet d'un intérêt grandissant, tant en Grèce qu'à l'étranger, où la figure du poète alexandrin est considérée comme l'une des plus importantes de la modernité poétique européenne. Cavafis publiait ses poèmes sous forme de « feuilles volantes », sans cesse modifiées ou corrigées, et distribuées à ses seuls intimes. Il a donc fallu attendre la publication, en 1935, des 154 poèmes dispersés – aujourd'hui complétés par 75 poèmes inédits rejetés par ce poète exigeant – pour mieux percevoir l'unité d'un univers très particulier, où la vie privée du poète et l'Histoire semblent ne plus faire qu'une seule et même réalité. Avec un goût prononcé pour l'époque hellénistique, mais aussi pour le Bas-Empire et Byzance, nourri de l'Anthologie palatine et de Gibbon, Cavafis peint un univers où règnent la tromperie, la duplicité d'aventuriers ou d'escrocs, la déchéance de roitelets lagides ou séleucides réduits à l'impuissance (Démétrios Sôter). Le monde de Cavafis est celui d'une nostalgie, tant pour la grandeur historique passée que pour la beauté de ces corps d'éphèbes qu'il évoque dans des poèmes « mémoriaux » (Jours de 1896, Jours de 1901). L'émotion poétique naît du contraste entre la froideur d'une expression neutre, d'une langue sobre mêlant termes rares et populaires en ce que Séféris appelait une « démotique bien à lui », et le tragique d'efforts voués à l'échec, soit dérisoire (Oropherne), soit stoïquement accepté (Thermopyles, son Dieu abandonne Antoine). Le sens de l'Histoire de Cavafis ne néglige nullement sa propre époque. La Grèce hellénistique devient ainsi emblématique de celle de son temps, toutes deux époques de décadence et de dissolution. La force de cette œuvre, la première à introduire en Grèce la modernité poétique, fait de Cavafis l'un des grands de la poésie contemporaine.