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Heinrich Böll

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain allemand (Cologne 1917 – Langenbroich, près de Kreuzau, 1985).

Après avoir fait toute la guerre comme soldat, il commence à publier en 1947 et devient un écrivain représentatif de la République fédérale, depuis le prix du Groupe 47 (1951) jusqu'au prix Nobel (1972).

L'œuvre de Böll reflète l'évolution de la société allemande au cours des dernières décennies. Ses premiers récits ont pour thème l'absurdité de la guerre, la souffrance et la mort (Le train était à l'heure, 1949 ; la Mort de Lohengrin, 1950 ; Où étais-tu Adam ?, 1951). D'autres décrivent la détresse de l'après-guerre, qui est aussi le thème des premiers romans (Rentrez chez vous Bogner, 1952 ; les Enfants des morts, 1954 ; le Pain des jeunes années, 1955). Les héros de Böll réussissent à trouver une raison de vivre, mais la prospérité revenue menace la dignité humaine autant que l'avait fait la misère. Böll critique la société du « miracle économique » et son matérialisme, montre des individus qui se révoltent contre les normes de la société qui menacent leur intégrité (les Deux Sacrements, 1959 ; la Grimace, 1963 ; Fin de mission, 1966 ; Portrait de groupe avec dame, 1971). Le passé est aussi présent : c'est parce qu'ils refusent d'oublier les crimes passés que les héros opposent une résistance à toute forme d'inhumanité (Nous plaidons coupables, 1980, avec P. Härtling, A. Muschg, G. Wohmann). Parallèlement à ses romans, Böll écrit des satires, des chroniques, des pièces radiophoniques. Au cours des années 1960, il multiplie les textes sur la responsabilité de l'écrivain et les prises de position publiques sur l'actualité (accueil de Soljenitsyne chassé d'U.R.S.S. en 1974). Ces thèmes, en particulier l'escalade de la violence, sont au cœur de ses dernières œuvres de fiction (l'Honneur perdu de Katharina Blum, 1974 ; Protection encombrante, 1979). Tout en maîtrisant parfaitement les techniques modernes du roman, il évite les excès de la littérature expérimentale, ce qui explique son succès auprès du public, mais aussi les réticences d'une certaine critique. Ses positions politiques lui ont valu des attaques de gauche comme de droite. Un écrivain qui veut être la conscience de son temps (Mémoire allemande, 1978) ne peut que déranger (le Testament, 1982 ; Femmes devant un paysage fluvial, 1985).

Portrait de groupe avec dame, roman (1971). En suivant le narrateur dans son enquête pour cerner le personnage de Leni Pfeiffer, le lecteur découvre une société : la bourgeoisie rhénane entre 1930 et 1970. Le personnage de Leni prend peu à peu de la consistance. Elle a traversé les épreuves en restant elle-même : mystique et sensuelle, incapable de tout calcul, religieuse mais ne fréquentant aucune Église, maternelle, profondément humaine. Elle oppose aux valeurs de la société de profit et de rendement le même refus que naguère à l'idéologie national-socialiste. Archétype du héros böllien, Leni est aussi une incarnation de l'éternel féminin.