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Giordano Bruno

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Philosophe et écrivain italien (Nola 1548 – Rome 1600).

Son plaidoyer acharné et passionné pour la liberté de pensée est le fil rouge de son existence très mouvementée et la raison de sa condamnation à mort de la part de l'Église catholique. Il entre en 1565 dans le couvent napolitain de San Domenico Maggiore d'où il s'enfuit pour échapper au procès d'hérésie qui l'attend. Il commence ses pérégrinations en Italie, puis en Europe. En passant par Rome, puis par de nombreuses villes du nord de l'Italie, il arrive donc en 1578 à Chambéry et à Genève. Converti au calvinisme, il en est très vite excommunié. De 1579 à 1581, il s'enfuit à Toulouse puis à Paris. En 1583, il accepte de suivre l'ambassadeur français à Londres. De retour à Paris en 1585, il y fait scandale en prononçant une conférence anti-aristotélicienne, ce qui le contraint à l'exil en 1586 en Allemagne (où les luthériens à leur tour l'excommunieront). Il fait une étape à Prague, mais réside surtout à Wittenberg et à Helmstedt. Alors qu'il se trouve à Francfort, il est invité par le Vénitien Giovanni Mocenigo et rentre en Italie en 1591. Dès l'année suivante, son hôte le dénonce à l'Inquisition. Incarcéré à Venise et à Rome à partir de 1593, il subit un interminable procès. Refusant de renier ses idées, Giordano Bruno est condamné et brûlé vif le 17 février 1600 sur le Campo dei Fiori. L'œuvre de Bruno oscille entre le latin et l'italien. Les textes philosophiques latins, qui traitent également de mnémotechnique, de magie, de mathématiques, d'astronomie, sont réunis dans les Opera latine conscripta publiés en 1891. Mais ce sont surtout ses écrits en langue italienne qui l'imposent comme un philosophe et un écrivain majeur. Comme en témoigne la comédie le Chandelier (1582), sa poétique défend un style riche, laborieux, en affirmant une langue d'une rare verdeur, pétrie de néologismes et de tours dialectaux, qu'admireront Gadda, Calvino et Joyce. Ses principaux dialogues, publiés entre 1583 et 1585, également en vulgaire, semblent ne constituer qu'un unique texte (le Souper des cendres ; De la cause, du principe et de l'un ; De l'infini, de l'univers et des mondes ; Expulsion de la bête triomphante ; Cabale du cheval pégaséen ; Des fureurs héroïques) : Bruno commence par construire sa nouvelle image du monde (qui se fonde sur un monisme révolutionnaire et sur un copernicanisme interprété dans le sens d'une infinitisation de l'univers) pour parvenir à définir une nouvelle morale, celle d'une humanité enfin affranchie des peurs et des dogmes.