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Hermann Broch

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain autrichien (Vienne 1886 – New Haven, Connecticut, 1951).

Fils d'un industriel du textile, Broch dut d'abord renoncer à sa vocation littéraire et philosophique pour obéir aux vœux de sa famille. En 1927, il vend l'héritage paternel pour se consacrer à une carrière d'écrivain. En 1938, il réussit à quitter l'Autriche pour l'exil américain. L'œuvre de Broch est marquée par la conscience de la « perte des valeurs » (Wertverlust), par son admiration pour l'éthique de Kant et pour l'œuvre de Karl Kraus. Ses essais multiples mais inachevés sur la Psychologie des masses le rapprochent de Freud et de Canetti. Cette œuvre, qui débute dans les années 1928-1931 par la trilogie les Somnambules, portrait féroce de l'époque wilhelminienne (1888, Pasenow ou le Romantisme, 1931 ; 1903, Esch ou l'Anarchie, 1931 ; 1918, Huguenau ou le Réalisme, 1932), souffre de ses propres exigences. Ni les Somnambules, mélange stylistique qui englobe Fontane et Joyce, « l'essayisme » de Musil et un lyrisme mal contrôlé, ni le Tentateur (commencé en 1935), ni l'énorme flot lyrique de la Mort de Virgile (1945), ne répondent réellement aux exigences du « roman polyhistorique » formulées par l'auteur. En revanche, avec Hofmannsthal et son époque, il a composé le grand requiem de l'Autriche-Hongrie.

La Mort de Virgile, roman commencé en 1937 sous la forme d'une nouvelle (le Retour de Virgile) et achevé en exil en 1944 : il sera publié en 1945 à New York, simultanément en allemand et en anglais. Virgile, mourant à Brindes au retour d'un voyage, veut brûler l'Énéide parce qu'il craint l'abus politique que l'empereur Auguste pourrait faire de l'œuvre artistique. Kafka se dessine en filigrane derrière Virgile ainsi que le problème de la responsabilité de l'artiste devant le monde. Les quatre parties du livre (l'Eau, le Feu, la Terre, l'Éther) se caractérisent par un mysticisme croissant. L'« involution » finale fait entrevoir au poète le « verbe pur » au-delà de tout langage.