En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Edward Kamau Brathwaite

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain antillais d'expression anglaise (Bridgetown, La Barbade, 1930).

Ayant bénéficié d'une formation d'historien à Cambridge et d'une expérience au Ghana, titulaire d'un doctorat sur la société créole en Jamaïque qui a fait date dans la discipline, cet universitaire est connu à la fois pour son œuvre poétique et son intérêt pour le jazz. Comme son contemporain Derek Walcott, il est dramaturge, auteur de le Choix d'Odale (1967) et de Quatre pièces pour les écoles primaires (1964) – ce dernier recueil s'inspirant de formes traditionnelles de l'Afrique occidentale. Son œuvre critique est importante dans les deux revues Bim et Savacou, qu'il dirige. Mais c'est surtout sa poésie qui lui vaut sa notoriété. Aux trois premiers recueils (Droits de passage, 1967 ; Masques, 1968 ; Îles, 1969), réunis en 1973 sous le titre Ceux qui arrivent, ont succédé Autres exils (1975), Les Jours et les nuits (1975), et enfin la trilogie Poème maternel (1977), Poème solaire (1983) et X/Self (1987), où les paysages africains, caraïbes et métissés se mélangent. Ses thèmes les plus courants sont le voyage forcé des esclaves au Nouveau Monde et le retour contemporain aux sources africaines, dans un effort constant pour resituer la culture des Caraïbes dans un contexte mondial et revendiquer l'héritage ancestral. Chantre d'une certaine africanité, parfois au détriment de la composante indienne de son pays, Brathwaite n'est pas seulement engagé idéologiquement : il s'intéresse à la spécificité culturelle de la diaspora afro-caribéenne. Il expérimente, souvent avec bonheur, une diction qui revient aux genres populaires, à la syntaxe créole, aux images de la vie quotidienne, et il privilégie une transcription résolument phonétique. Ses poèmes sont écrits pour être déclamés à haute voix au rythme des tambours ou de l'instrumentation du jazz, et l'auteur y excelle (enregistrement de sa trilogie pour les disques Argo en 1971) : ses réussites les plus simples en apparence procèdent d'une érudition et d'une virtuosité parfaitement maîtrisées, comme en témoignent ses nombreux essais sur les rapports entre écriture et voix, musique et littérature (Histoire de la voix, 1979-1981).