En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Paul Bourget

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Amiens 1852 – Paris 1935).

Après avoir subi l'influence du Parnasse, Bourget deviendra célèbre pour sa réflexion sur sa propre impuissance poétique. Il s'interroge sur la difficulté de faire œuvre de novateur : elle tiendrait à une sorte d'« intoxication littéraire » qui l'aurait « empêché de vivre sa vie à lui ». Bourget va donc s'attacher aux causes de ce désenchantement stérile qui le frappe en même temps que toute sa génération. Les Essais de psychologie contemporaine (1883-1899) s'appuient sur cette analyse d'un monde formé par les Baudelaire, les Renan ou les Taine, qui auraient tous possédé « la même philosophie dégoûtée de l'universel néant ». Marqué par Schopenhauer et son néobouddhisme, le jeune auteur pressent la venue d'un courant qu'on l'accusera d'avoir suscité : le décadentisme. Il veut faire – et ses premiers romans comme Cruelle Énigme (1885) ou Un crime d'amour (1886) en sont l'illustration – « des planches d'anatomie morale ». Mais l'observateur nihiliste et sceptique, proche d'Anatole France, qui a captivé la jeunesse par sa finesse intuitive et séduit le public mondain par la délicatesse de ses études de mœurs et de caractère, va s'effacer devant le chef de file de l'idéalisme renaissant imprégné de néokantisme. Le Disciple (1889), roman charnière, se situe au confluent de ces deux courants, en portant à son paroxysme l'antinomie de la science et de la morale, du scepticisme et de l'idéalisme. Sa publication fut un événement littéraire qui provoqua des polémiques où s'affrontèrent les défenseurs de la liberté intellectuelle, avec à leur tête Anatole France, et les partisans de la tradition représentés par Brunetière. Bourget tente d'exorciser, en jetant sur elles l'anathème, ses diverses tentations, aussi bien celle d'un « nihilisme délicat », que celle de cet « égotisme absolu ». Au roman d'analyse expérimental va succéder le roman d'idées. Le militantisme à l'Action française donne le ton de l'œuvre, qui critique la démocratisation et l'égalitarisme (l'Étape, 1902), se prononce contre la dissolution du mariage (Un divorce, 1904) ou préconise le rôle actif de la noblesse (l'Émigré, 1907). Bourget, qui s'est converti au catholicisme, tente une synthèse entre la science et la foi, entre le positivisme et l'idéalisme : à l'un, il départit le monde des faits ; à l'autre, l'Inconnaissable.