En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Thomas Bernhard

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain autrichien (Heerlen, Pays-Bas, 1931 – Gmunden, Haute-Autriche, 1989).

Dans son enfance Bernhard subit surtout l'ascendant de son grand-père, le poète Johannes Freumbichler (1881-1949), « le seul être vraiment aimé », comme l'avoue le récit le Souffle (1978) : leurs nombreuses promenades se trouvent inscrites comme figure rythmique dans la plupart des textes de Bernhard. En 1947, il abandonne ses études et devient apprenti dans une épicerie, où il contractera une maladie pulmonaire (la Cave, 1976). En même temps, il étudie la musique à l'académie Mozarteum de Salzbourg, dont il sort diplômé en 1957. La même année, il publie son premier volume de poésie, qui témoigne de l'influence de Trakl (Sur terre et en enfer). À partir de 1965, il habite seul une immense ferme dans le village de Ohlsdorf, en Haute-Autriche. En 1967, il obtient le Grand Prix de l'État autrichien, en 1970 le prix Büchner. Le monde des récits de Bernhard est le pire de tous les mondes possibles, et la vie n'y est qu'une maladie mortelle, que ressasse son autobiographie (l'Origine, 1975 ; le Souffle, 1978 ; le Froid, 1981). Les différents paysages autrichiens (Salzbourg dans Gel de 1963, le Tyrol dans Amras de 1964, la Styrie dans Perturbation de 1967 et la Haute-Autriche dans Ungenach de 1968, Watten de 1969, la Plâtrière de 1970, Oui de 1978) lui servent de prétexte à une description monomane de processus de destruction. La mort, souvent sous forme de suicide, la maladie, la folie, la solitude forment la trame de son œuvre. Bernhard les « encercle » par des phrases d'un baroque tout musical qui, par leur structure cyclique et l'usage systématique du superlatif, suggèrent au lecteur que le mal du monde est définitif, inévitable et incorrigible (l'Imitateur, 1978 ; Maîtres anciens, 1985 ; Extinction, 1986). Dans le Neveu de Wittgenstein (1982), il évoque, à la manière de Diderot, une philosophie du monde que trace « en creux » un personnage à la fois attirant et déceptif. Bernhard est également un auteur de théâtre : dans le sillage de Beckett, il montre des êtres estropiés, privés de langage authentique, incapables de communiquer (Une fête pour Boris, 1970 ; l'Ignorant et le Fou, 1972 ; Minetti, 1976 ; le Faiseur de théâtre, 1985) et traque dans ses pièces la nostalgie nazie qu'il prête à l'Autriche (Avant la retraite, 1979 ; Place des héros, 1988).