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Gottfried Benn

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète allemand (Mansfeld 1886 – Berlin-Ouest 1956).

Fils de pasteur protestant, il étudia d'abord la théologie et la philologie pour se consacrer finalement à la médecine, qu'il exercera comme spécialiste des maladies vénériennes. Influencé par son métier, grand admirateur de Nietzsche, il opposera pendant toute sa vie, à toutes les formes de philosophie progressiste de l'histoire, un nihilisme aristocratique qui voit dans la forme achevée le seul « sens » de l'humanité. Cette attitude le rapprocha, dans les années 1930, du régime national-socialiste qu'il célébra dans plusieurs discours (le Nouvel État et les intellectuels, Discours sur Marinetti, l'Élevage du genre humain). Le parallèle entre la discipline de l'État fasciste et la forme esthétique fait de lui l'exemple le plus célèbre de « l'esthétisation de la politique » (Art et Pouvoir, 1934). Très vite, cependant, il comprit son erreur, et dès 1938 il fut exclu de la « Chambre des écrivains » et frappé d'une interdiction de publier. Après ce silence, prolongé par la censure des Alliés, Benn recommença à faire paraître ses œuvres à partir de 1948 (Double Vie, 1950). En 1951, il obtint le prix Büchner. Malgré la force de conviction et le style ciselé de ses essais et pièces en prose (Cerveaux, 1916 ; le Ptolémaïque, 1949), Benn est surtout un poète lyrique. En 1951, il a développé son esthétique dans Problèmes du lyrisme, texte que l'on peut qualifier de testament de « l'art pour l'art ». Le médecin Benn a révolutionné le lyrisme en 1912 avec les poèmes de Morgue : le regard froid et le vocabulaire « scientifique » en font, en plein expressionnisme, le précurseur de la Nouvelle Objectivité. Les recueils Fils (1914), Chair (1917) et les Poésies choisies (1927) consacrent l'image du poète expressionniste, celui de la « Phase I » de son œuvre. La « Phase II » est tout entièrement contenue dans les Poèmes statiques (1948), marqués par le style néoclassique et la distance à l'égard de l'histoire.